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Evert-1-

Evert Geradts.

- Quand et où êtes-vous né ? Quel est votre nom de naissance (votre nom de famille, votre premier prénom et vos deux autres prénoms, si vous en avez) ?

Je suis né il y a très longtemps. Tellement longtemps que je ne me rappelle plus très clairement... Il paraît que c'était à La Haye en Hollande et que l'année était 1943, au beau milieu de la Deuxième Guerre Mondiale (ça ne commençait pas très bien...). Mes parents me donnaient le nom d'Evert. Ils ne pouvaient pas me donner un deuxième ou un troisième nom, parce qu'ils étaient trop pauvres.

- Pouvez-vous parler un peu de vous ? De votre jeunesse ? De votre découverte du monde des canards et des souris ?

J'ai grandi dans une famille de six enfants, moi inclus. Ma mère était chanteuse soprano et pianiste, donc chaque enfant jouait un instrument. On avait un oncle peintre, qui produisait pour le marché américain. Il avait un atelier avec une dizaine de chevalets sur lesquels il faisait dix fois à peu près le même tableau. C'était astucieux, car un peintre perd beaucoup de temps à chercher ses couleurs justes. J'étais bon élève à l'école, même si je faisais rarement mes devoirs. Je passais tout mon temps dans le local du professeur d'arts plastiques pour dessiner. Je dessinais dans mes cahiers, sur mon cartable... partout. Je faisais des BD sur des thèmes de mythologie grecque, car j'aimais la mythologie grecque. Mes parents n'ayant pas de religion, je pouvais aimer ce que je voulais. Quand j'avais neuf ans, un éditeur hollandais a créé le magazine Donald Duck. Le premier numéro était gratuit. C'était un investissement intelligent qui garantissait son succès, puisque le magazine existe toujours et est le magazine le plus vendu en Hollande. Moi, j'ai tout de suite adoré les histoires de Carl Barks que je trouvais dedans.

- Racontez votre entrée chez Disney.

Ce n'était pas immédiat, loin de ça. Comme beaucoup d'autres parents, les miens n'étaient pas trop enthousiastes à l'idée que j'aille chercher mon bonheur et mon argent dans le monde de la BD. Il fallait que je fasse des études de physique et de chimie et quand c'était fini je me trouvais professeur devant une classe de filles qui s'intéressaient à tout sauf au lois de la physique. Ni aux bienfaits de la chimie d'ailleurs. C'était plutôt horrible pour quelqu'un comme moi qui préfère être tout seul assis à une table avec une feuille de papier devant lui. Heureusement, ça n'a pas duré trop longtemps, car entre-temps on avait inventé l'ordinateur et ça me passionnait tout de suite. C'était quelque-chose de complètement nouveau. Je changeais de métier et là je pouvais créer de jolis logiciels, assis tout seul à une table avec une feuille de papier devant moi. Les soirs et les weekends, j'étais assis à une autre table, avec une autre feuille de papier. Du papier à dessin.

Pour faire bref, j'ai commencé un magazine underground dans les années '70 et je suis allé plusieurs fois aux États-Unis pour rencontrer les artistes underground américains. Là, mon plus grand copain, Glenn Bray, m'a fait rencontrer Carl Barks dans la maison de celui-ci à Goleta, en Californie. À l'époque je ne faisait pas encore des histoires de Donald : j'avais juste fait une histoire dans laquelle mon héros se trouve à Donaldville dans une histoire de Donald qu'il perturbe pas mal. Ça a fait rire Carl Barks. À cette époque, ni lui, ni moi, ne pensait que je deviendrai un de ses successeurs.

- Vous souvenez-vous de la première BD Disney que vous avez lue ?

Facile, c'était l'histoire de Donald pompier, qui était publié dans le numéro un du magazine hollandais Donald Duck. Avant cela, j'avais vu quelques dessins animés Disney par ci par là. C'est difficile à imaginer aujourd'hui, mais il n'y avait pas grands choses d'amusant quand j'étais jeune. Je veux dire sur le plan film, BD, livres. Il n'y avait pas encore la télévision, juste la radio. Quand à internet, c'était carrément de la science fiction pure.

À propos de Donald pompier, j'ai écris un scénario sur le sujet des dizaines d'années plus tard, quand le magazine Donald Duck fêtait le 70ème anniversaire de Donald, ou une autre commémoration du même genre.

- Pourriez-vous nous dire quel est votre personnage préféré dans l’univers de Mickey Mouse & Donald Duck ?

C'est Donald, il n'y a pas photo. Mickey est trop irréprochable. Il est parfait et il ne fait que du bien. Pour moi, son rôle est un peu comme celui de Tintin, une autre créature parfaite. Il attrape des méchants. Si il n'y avait pas Dingo ou bien le capitaine Haddock, on s’ennuierait trop avec leurs univers. Par contre, pour moi, Donald a toutes les fautes du monde, comme toi et moi. Ainsi, on peut s'identifier avec lui. Il est même pire que nous, et ça nous soulage.

C'est pour cette raison que j'aime aussi le personnage de Grand Loup. Je crois qu'il n'est pas tellement populaire en France, c'est dommage.

- Quelle est l’histoire ou le gag Disney que vous avez écrite et que vous préférez ?

Il y en a beaucoup. Vraiment beaucoup. En fait, je n'ai pas trop de mémoire, surtout pas pour les histoires que j'ai écrites. Je les oublie immédiatement. Il m'arrive d'avoir une idée géniale pour une histoire et de regarder mon disque dur où je trouve l'histoire déjà écrite! L'avantage c'est que je peux relire mes propres histoires comme s'ils étaient nouveaux pour moi. (Je m'éclate à faire ça, car c'est exactement le genre d'humour que j'aime.) Mais bon, puisque tu veux un titre je dirai que c'est l'histoire de la "Guerre des Moustaches" (code H87026).

- Avez-vous déjà inventé un nouveau personnage anthropomorphe ?

Ce n'est pas très nécessaire. Il y a déjà tellement de personnages avec lesquels on peut jouer. Cependant, j'ai inventé un autre homme d'affaires puissant riche, car je trouve qu'Archibald Gripsou ressemblait trop à Picsou, mais d'une façon caricaturale. Pour raconter une histoire de business plus ou moins normale, il faut un partenaire plus ou moins normal. Sinon on navigue trop dans l'exagération. Je trouve que faire des histoires pour enfants est une responsabilité. On remplit des jeunes cerveaux, donc il faut mieux essayer de faire des histoires un peu intelligentes (mais drôles aussi, bien sûr !).

- Avant que nous vous contactions, connaissiez-vous Picsou Wiki ?

J'étais passé sur Picsou Wiki très rapidement, oui.

- Quel est votre auteur préféré ?

Mon auteur préféré est Damon Runyon. Et mon groupe de musique préféré, c'est les Ramones. Et mon livre préféré, c'est Alice au Pays des Merveilles. Et mon dessin animé préféré, c'est Usavich (enfin, c'est une série). Et mon pays préféré, c'est la France. Et mon instrument de musique préféré, c'est l'accordéon (pour jouer bien sûr, pas pour écouter).

- Lorsque vous étiez petit, quel genre de bandes dessinées lisiez-vous (BD Disney et non Disney) ?

Mon grand-père avait une compagne (sa première épouse, ma grand-mère, était décédée), qui aimait la BD. Elle avait des collections de magazines dans lesquelles je voyais les Katzenjammer Kids et Popeye, entre autres. J'adore le nom Katzenjammer Kids. En français, la série Katzenjammer Kids s'appelle Pim Pam Poum. Katzenjammer veut dire : Les Cris Insupportables Des Chats La Nuit. C'est quand-même plus poétique que Pim Pam Poum...

- Quel a été votre premier job ?

Après mon service militaire, j'ai travaillé dans un laboratoire scientifique. C'était angoissant. Mes collègues faisaient des simulations de transport de liquides agressifs et brûlants dans des réacteurs nucléaires, mais aussi des recherches optiques très jolies.

- Avez-vous fait des études ? (si oui où et en quoi)

J'ai fait des études de physique chimie et de mathématiques. D'ailleurs, cela doit un peu se voir dans certains de mes scénarios...

- Hors Disney, quelle est votre série de bande dessinée préférée ?

Li'l Abner, bien que ce soit assez ancien. L'auteur Al Capp écrit dans le même rythme et le même humour que Carl Barks.

- Avec lequel de vos collègues préférez-vous travailler ?

J'adore Mau Heymans. Il a ce goût "underground". Ses dessins me font rire. J'aimais beaucoup Vicar. Il dessinait très bien aussi.

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1er février 2015
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