Pour ceux qui ne le sauraient pas, le sigle LGBTQ+ est l'acronyme de Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres et Queer. Le + y est ajouté pour englober toutes les autres orientations sexuelles et identités de genre existantes.

Si j'utilise ce terme dans l'intitulé de mon article c'est que, depuis quelques jours, un sujet d'exposé me trotte dans la tête : la communauté LGBTQ+ chez Disney. En effet, malgré que l'homosexualité soit encore l'un des plus gros tabous de la firme américaine, j'ai remarqué que quelques références à celle-ci se glissaient parfois dans les histoires de nos amis souris et canards...

Homosexualité masculine

Dans l'histoire Donald contre les Spadassins, alors qu'il remonte le temps vers le XVIIè siècle à cause d'une machine à voyager dans le temps inventée par Géo, Donald rencontre un roi de France, sa majesté Louis, qu'on pourrait identifier à Louis XIV ou Louis XV. Le monarque, trouvant Donald (qui est cependant déguisé en Duchesse) à son goût, tombe très rapidement sous son charme, et n'a plus qu'une idée en tête : séduire le canard. Cette expérience serait-elle un sorte de « coming-out » personnel pour le roi de France ?

L'acte le plus flagrant d'homosexualité masculine chez les Duck se déroule cependant dans l'histoire de Don Rosa Un petit cadeau très spécial, publiée pour la première fois en

Premier baiser homosexuel connu de notre ami Donald.

1997. En effet, pour ses dix ans de carrière chez Disney, l'auteur n'y va pas de main morte, allant jusqu'à montrer un baiser torride échangé entre Donald et Daisy. Quoi ? Vous ne voyez pas le rapport avec le sujet de cet article... ? Eh bien en fait, au moment où Donald saisit son amoureuse et lui donne un fougueux « bec-contre-bec », le visage de celle-ci se métamorphose en un instant, laissant place à celui d'un frère Rapetou... eh oui, vous avez bien compris : notre héros préféré a bien embrassé un représentant de son sexe !

Notons que les Mouse ne sont pas non plus en reste des allusions au mouvement LGBTQ+. Savez-vous par exemple que le commissaire Finot lui-même a déjà eu un véritable coup de foudre pour une personne de son sexe ? En effet, dans Esprit de suite ![1], un jour qu'une chatte anthropomorphe rousse et assez ronde a frappé à sa porte, celui-ci va lui ouvrir, et tombe immédiatement sous son charme ! Mais c'est sans savoir qu'il s'agit en réalité de Pat Hibulaire, qui s'est déguisé en femme. Finot serait-il pansexuel ?[2] Cette attirance romantique sortant des normes de la société est en tout cas complètement oubliée en 1994, où il se retrouve affublé d'une épouse portant le doux nom de Pétulia.

Transidentité et travestissement

Donald Duck transformé en femme.

À un moment du récit Les 13 sortilèges maléfiques[3], où Miss Tick se donne pour mission de jeter treize sortilèges d'affilés à Picsou, Donald et leurs trois neveux pour entrer en possession du sou fétiche, elle transforme ses ennemis en cinq canes féminines et élancées. Ce qui est amusant à remarquer est que, tandis que le milliardaire et les triplés sont très peu à l'aise dans leurs nouvelles apparences, Donald, lui, trouve visiblement que ce changement de sexe lui apporte une grande valorisation ajoutant même, après avoir été métamorphosé : « Wahou ! Regardez-moi ! Je suis une bombe » ! Le canard aurait-il si peu confiance en lui qu'il serait prêt à changer de vie... et de genre ? Cela ne lui déplairait donc apparemment pas...

Certains cas mettent même Donald se travestissant de son plein grès, comme dans l'histoire Miss Donaldville[4], où il se déguise en femme et participe au concours de Miss Donald 1997 sous le nom de Donalde.

Carl Barks est plutôt un innovateur dans ce domaine puisque, bien qu'ayant travaillé pour Disney des années 1930 à 1960,

La fameuse Brigitte Barduck...

il fait référence au travestissement à plusieurs reprises dans l'univers des canards Disney. En témoignent notamment :

  • Donald et le trésor du pirate ! (octobre 1942)
  • Tous à la mer ! (septembre 1960) : Picsou se déguise en une bergère appelée Mme Cootley pour éviter que des bandits qui le recherchaient ne le reconnaissent. Fifi se travestit également, mais en petite fille portant un nœud rose sur le haut de la tête, ainsi qu'une jupe et un pull noir.
  • Vidéogag (février 1962) : Riri, Fifi et Loulou s'habillent avec les robes de leurs cousines Lili, Lulu et Zizi, les leurs étant tout boueux.
  • Beach Boy (septembre 1963) : Donald vêt une perruque et une robe rouge à points jaunes, pour interpréter une jeune femme blonde qu'il nomme Brigitte Barduck, dans l'optique de faire croire au général Dublair qu'une demoiselle est en train de se noyer.

Conclusion

Bien que l'homosexualité ne soit pas montrée de manière directe par, par exemple, l'apparition d'un véritable couple homosexuel, de nombreuses allusions à la communauté LGBTQ+ sont dissimulées dans les univers de Donald et Mickey de manière subtile, de façon à ce qu'elles ne « choquent » pas les plus jeunes lecteurs, habitués à des histoires d'amour hétérosexuelles et platoniques.

Références

  1. Code I.n.d.u.c.k.s. : F JM 87257, par Didier Le Bornec, Marçal Abella Bresco et le Studio Comicup, le 17 novembre 1987.
  2. La pansexualité est une orientation sexuelle désignant l’attirance, l’affinité d’une personne pour les autres, indifféremment de leur genre, identité de genre ou sexe.
  3. Code I.n.d.u.c.k.s. : D/D 2001-008, scénarisé par Jeff Hamill et dessiné par Lino Gorlero, paru pour la première fois en mai 2009.
  4. I.n.d.u.c.k.s. : H 94168, scénarisé par Frank Jonker, dessiné par Bas Heymans et encré par Peter Collé, le 10 mai 1996.
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