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Behemoth 1946

Behemoth, lui, n'a pas de maman, mais un maître pour reprendre ses bêtises !

Ce billet de blog a été rédigé pour répondre à une innocente question toute bête posée par un contributeur anonyme dans les commentaires de la page Behemoth. Ayant un peu de temps devant moi, je me suis donné la mission d'y répondre... pour rappel, la question est : « Qui est la mère de Behemoth ? ». Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, Behemoth est un chiot appartenant à Donald Duck, et étant accessoirement le fils de Bolivar, son gros Saint-Bernard.

Le cas des histoires en bandes dessinées

Tout d'abord, pour répondre à la question du contributeur Wikia qui est à la base de ce billet, on ne sait malheureusement pas (... encore ? Qui sait, peut-être son existence sera-t-elle dévoilée un jour...) qui est la mère de Behemoth ; nous connaissons seulement l'identité de son père, qui n'est autre, comme dit plus haut, que Bolivar, le chien de Donald.

Je pense que cela est notamment dû au fait que Behemoth n'a été malheureusement utilisé que dans une dizaine de gags d'une bande (strip), qui sont principalement imaginés dans le but d'amuser le lecteur. Ainsi, il n'y a pas l'utilité ni le temps nécessaire pour insérer une référence à la mère du chiot, qu'il faudrait pour cela expliquer et amener avec une certaine finesse.

Mickey Mouse

Mickey, lui, n'a apparemment plus aucun contact avec sa mère et son père... embrouilles de famille ?

De plus, notons que Behemoth est loin d'être le seul personnage à être dans ce cas, dans les univers de Donald Duck et de Mickey Mouse. Mickey, qui est pourtant un personnage incontournable de l'univers Disney, n'a que deux noms comme parents (Walter Elias Mouse et Lillian Toponi), qui n'ont pas été développés ni même directement introduits - que ce soit par apparition physique ou simple citation - dans son univers. Enfin... pas tout à fait, puisque son père a fait une furtive et discrète apparition dans le gag en bande dessinée Je suis un bébé grimpeur, faisant partie de la série Les Bébés Disney, et paru au dos du numéro 144 du magazine pour tout petits Bambi.

Donald, de son côté, a eu un peu plus de chance, mais c'est l'une des rares exceptions, puisqu'il a l'atout d'être le neveu de Balthazar Picsou, dont l'histoire a été contée dans la fameuse Jeunesse de Picsou de Don Rosa. Et comment conter l'histoire de l'Homme le plus riche du monde sans évoquer un seul instant sa famille, qui l'a énormément soutenu durant son long périple à la quête de la fortune ?

En faisant la liste des personnages Disney récurrents de l'univers des Canard Disney, on voit bien que la plupart ont été amputés d'au moins un de leurs parents :

  • Horace a un père (Pa Paardepoot), mais pas de mère ;
  • Jojo et Michou Fieldmouse ont une mère, Amelia Fieldmouse, mais pas de père (le nom du père, Franck, a certes été mentionné par le groupe Egmont, mais il n'a à ce jour encore jamais été utilisé dans une histoire...) ;
  • Daisy a certes des parents (voir les pages mère de Daisy Duck et père de Daisy Duck pour plus d’informations), mais qui ne sont apparus qu'à une reprise dans un dessin animé, et dont on ne connait même pas les noms et prénoms ;
  • Minnie, elle, a un père et une mère, mais qui n'apparaissent que dans quelques récits de Floyd Gottfredson des années 1930, et qui disparaissent ensuite totalement de la circulation... ;
  • Pluto a une mère anonyme, mais pas de père ;
  • Dingo a un père, Stanley, ainsi qu'une mère anonyme, mais qui n’apparaissent respectivement de manière physique que dans deux dessins animés pour le père, et un dessin animé pour la mère (plus une mention pour la matriarche des Dingo dans le quarante-cinquième court métrage de la nouvelle série Mickey Mouse, Les Merveilles des profondeurs, ayant été diffusé pour la première fois en 2015) ; ainsi, on en apprend assez peu à leur sujet...
Mais le plus célèbre cas d'orphelins dans la bande dessinée Disney est très certainement celui des triplés Riri, Fifi et Loulou Duck, qui ont été déposés chez leur oncle en 1937, et qui n'en sont jamais plus repartis ! D'ailleurs, ils ne sont pas les seuls à avoir été confiés -
Betsy Cow

Betsy Cow, cette nièce de Clarabelle n'ayant fait qu'une apparition dans un seul récit.

sur des durées plus ou moins longues - par leurs parents à leurs oncles et tantes : Jojo et Michou pour Mickey, Bichou pour PopopCarl pour Achille LagrogneMillie et Mélodie pour Minnie, DottieFlorettaVioleta et Lili, Lulu et Zizi pour Daisy, Loretta pour Brigitte, Gilbert pour Dingo, Pascal pour Géo, Eloi pour Gontran, Betsy et Henri pour Clarabelle, Zico et Zeca pour José Carioca, Lilian et Pierrot et Pierrik pour PatMinime pour Miss Tick, ainsi que les Mini Rapetou pour les Rapetou... ils sont énormément d'enfants dans ce cas ! Et cela concerne toutes les générations, puisque Goldie O'Gilt, l'amour de jeunesse du milliardaire bien connu, est même allée jusqu'à lui refourguer sa petite-fille Chris Yéyé pendant plusieurs années !

Dans le cas des neveux et nièces, on peut expliquer cela par le fait qu'il est plus facile de les utiliser une fois, puis de les jeter comme un Kleenex usagé après utilisation. Cela ne serait pas aussi facile si on décidait d'introduire un fils de Mickey dans sa vie par exemple, puisqu'il devrait désormais abandonner son rôle de protecteur de Mickeyville au profit d'une vie de père de famille bien rangé, rendant le personnage fade et ennuyeux. Alors que pour un neveu, il est plus facile d'expliquer son absence dans d'autres histoires, le lecteur ayant tout le loisir de s'imaginer que celui-ci est retourné vivre chez ses parents, puisque ce sont bien eux qui sont les responsables légaux du neveu en question.

Chris Yéyé

Chris Yéyé... cette descendante de Goldie O'Gilt étant comme la propre petite-fille de Picsou...

Le cas de Goldie, quant à lui, est un peu plus particulier, mais reste dans le même principe, puisqu'il est expliqué dans la première histoire où Chris Yéyé apparaît, Arriva Paperetta Yè-Yè, que Goldie, sa grand-mère, doit trouver quelqu'un pour la garder, n'ayant plus assez de forces pour s'occuper de sa descendante. Mais ici, l'amour de jeunesse n'est ni décédée, ni complètement disparue, mais retourne simplement vivre dans son Klondike natal en laissant sa petite-fille entre les mains de Picsou. Ainsi, le lecteur peut aisément penser que Picsou et Goldie ont conclu un sorte de pacte de « garde alternée », et que Chris est retournée voir sa grand-mère dans les histoires où elle n'apparaît pas : l'honneur et la morale sont saufs !

Les longs métrages classiques

Si on regarde du côté des grands longs métrages classiques (comme Cendrillon par exemple), on remarque que les parents du héros sont la plus grande partie du temps décédés avant sa naissance, ou, alors, quand il était en bas âge. Ou, petite variante, comme Behemoth, il arrive qu'ils ne soient tout
PèreRémy

Le père de Rémy... un rat qui se suffit à lui-même pour garder sa famille unie !

simplement pas cités (comme le père d'Andy dans la saga Toy Story, par exemple, ou encore la mère de Rémy le rat dans Ratatouille).

Quand on cherche bien, il n'y a en fait que quelques très rares exceptions à la règle, dont La Belle au Bois Dormant, où les parents d'Aurore sont tous les deux bien vivants et présents dans le film. Néanmoins, il y manque la mère du Prince (mari de la belle princesse blonde, ou brune selon les versions), qui n'a même pas été mentionnée par son fils. Bref : la liste des cas est longue, mais il semble que la société Disney préfère laisser ses héros orphelins d'un père, d'une mère, ou même des deux parents. Mais pourquoi ce choix ?

Explications des absences des parents dans les longs métrages

Selon certaines versions, ce choix de laisser un héros orphelin d'au moins un de ses parents aurait été fait à la demande de Walt Disney, qui a en effet perdu ses parents assez jeune.[1] Traumatisé par la mort de ses parents, surtout de sa mère, dont il était très proche, il aurait demandé à ses employés de faire disparaître à chaque fois au moins un des parents du héros de chacun de ses films.

Cependant, il est également probable que les studios Disney aient tout simplement suivi à la lettre le scénario des contes dont ils ont adapté le contenu sur grand écran. En effet, dans Blanche-Neige comme dans Pinocchio ou encore Cendrillon, l'histoire originale fait à chaque fois disparaître les deux parents, ou ne fait tout simplement pas mention d'un des parents.[2] Ainsi, avec des cas comme Toy Story ou Ratatouille, on pourrait facilement expliquer l'absence d'un des parents par le soucis de Disney d'avoir le même cadre familial pour à peu près tous ses films. Une sorte de « marque de fabrique », en quelque sorte.

Andy Toy Story

Mmmhh... il manque quelqu'un, sur cette photo de famille d'Andy...

Mais cette hypothèse est quelque peu décrédibilisée dans les années 2000 lorsque Craig Good, animateur sur la trilogie de Toy Story, répond aux fans, qui se demandent pourquoi Andy se retrouve sans père dans tous les films de la saga, en expliquant que « cette décision prise dès le début de l'aventure était purement pratique : les personnages humains étaient plus difficiles à animer que les jouets, il y a vingt ans. Selon lui, c’est pour cette raison qu’ils sont limités au maximum. ». L'absence d'une figure maternelle ou paternelle dans les longs métrages serait donc due à des restrictions budgétaires, et non à une histoire de cohérence...

Conclusion

Que ce soit dans les bandes dessinées ou dans les dessins animés, le héros se retrouve la plupart du temps orphelin d'un père ou d'une mère, ou même des deux, parfois sans qu'on en nous explique la raison. Quelques fois, ils sont confiés à leur oncle ou leur tante, qui leur servent donc désormais de figure paternelle ou maternelle, en l'absence de parents biologiques. Il existe de nombreuses hypothèses pour expliquer cela, comme une demande de Walt Disney lui-même, une non nécessité d'un/des parents dans l'histoire, une
Lili, Lulu et Zizi Duck 2

Une si jolie petite famille, brisée par l'apparition des parents des triplés et triplettes... ce serait dommage, non ?

sorte de marque de fabrique, ou même encore tout bêtement une façon de réduire les frais d'un long métrage au maximum... mais... il me semble, en prenant le cas de Riri, Fifi et Loulou Duck, que c'est beaucoup mieux ainsi, même si cela provoque la curiosité de milliers de personnes !

Chaque version est radicalement différente l'une de l'autre ; et vous, quelle est celle que vous préférez ? Merci en tout cas d'avoir lu mon billet : j'espère que je vous aurai un peu plus éclairé sur ce cas qui fascine de nombreux fans de Disney à travers le monde.

N'hésitez pas à me donner des informations complémentaires en commentaires, et à me donner votre avis sur mon style d'écriture et le billet en lui-même ; vous me permettrez ainsi de m'améliorer pour que je puisse corriger mes erreurs ;-)

Notes et références

  1. Cf. Section sur la mère de Walt sur Wikipédia. La mère de Walt Disney, Flora Disney (née Call) est décédée le 6 novembre 1938, « à la suite d'une intoxication au monoxyde de carbone », peu avant que son fils Walt ne fête ses trente-sept ans. Elle est suivie presque trois ans plus tard de son mari Elias, mort le 13 septembre, peu avant le quarantième anniversaire de son fils.
  2. Notons que Pinocchio est cependant un cas à prendre avec des pincettes, puisque la Fée Bleue y fait office de figure maternelle pour le petit pantin de bois.
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