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«  La première personne à mentionner l'Atlantide fut le philosophe grec Platon, dans ses dialogues Timaeus et Critias (vers 360 av JC). Près de 200 ans auparavant, environ au moment où se déroula l'histoire, un prêtre Égyptien affirma qu'au delà des Piliers d'Hercule, il avait existé une île — plus étendue que la Libye et l'Asie réunies — qui fut détruite, avec ses habitants, dans un immense cataclysme près de neuf mille ans plus tôt. C'est ainsi que le mythe d'Atlantis est né. Au fil des siècles, beaucoup ont essayé de localiser le fabuleux continent perdu englouti.

Parmi ceux qui ont réussi on retrouve l'oncle Picsou et ses neveux dans une mémorable histoire de Carl Barks, originellement sans nom. Plus tardivement appelée à la fois Secret of Atlantis ( « Le secret d'Atlantis » ) et The Sunken City ( « La cité engloutie » ) par son auteur, elle fut publiée en mars 1954. Dans l'indispensable Carl Barks and the Art of the Comic Book (1981) de Michael Barrier, Barks explique que l'idée directrice est venue de Chaise Craig, son éditeur à la Western Publihing Company et un ancien storyman de plein droit.

Secret of Atlantis est un récit construit avec soin, divisé en trois parties. Dans la première partie, Picsou transforme un très commun quarter de 1916 en une pièce de collection d'une valeur de dix skyrillions de dollars. La deuxième partie est une pure comédie burlesque, incluant une mémorable séquence de bataille de tarte qui a lieu à l'Atlas Pie Co. (Une autre référence implicite à la mythologie grecque). La troisième partie est une sorte de chasse au trésor, menant les canards — et le lecteur — à Atlantis, dans les profondeurs de l'océan Atlantique. La représentation de Barks du continent perdu et de ses habitants repose moins sur les anciens mythes que sur sa propre et prodigieuse imagination. Dans une incroyable coïncidence, les Atlanteans de Barks sont visuellement similaires à l'homme poisson dans Creature from the Black Lagoon (1954), sorti au même mois que la publication de l'histoire de Barks. Bien évidemment, la Créature ne serait jamais aperçue en train de danser à du jive sortant d'un jukebox des années 1940, comme le font les personnages d'Atlantis de Barks !

En fait la musique — la musique des « gens de l'air » — contamine presque cette civilisation sous-marine naïve. « S'il vous plait ne rien dites de nous à qui que ce soit », implore le roi d'Atlantis à Riri, Fifi et Loulou quand ceux-ci se retrouvent près de la surface. L'homme poisson vert qui utilise les pièces de monnaie seulement comme ornement, représente un autre tableau de Barks de gens en danger. Outre leur taille, les Atlanteans sont dessinés sous les mêmes traits que les minuscules hawaïens dans The Menehune Mystery (1953), les tout petit Peeweeghas dans Land of the Pygmy Indians (1957), et les mini canards arabes dans Pipeline to Danger (1960).

Secret of Atlantis est aussi une histoire pleine de premières. Sur la première page, la salle à soucis de Picsou est montrée pour la première fois, même si le sillon circulaire sur le sol de la pièce prouve que Picsou a déjà fait une utilisation intense de cette pièce. Sur la deuxième page, Barks révèle l'adresse résidentielle de Donald comme étant « 1313 Webfoot Walk ». Et sur la quinzième page, les neveux consultent pour la toute première fois le Junior Woodchucks' Book of Knowledge, une première version du plus connu Manuel des Castors Juniors.

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— Alberto Becattini, pour l'intégrale américaine de Barks publiée par Fantagraphics.

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