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Bonjour, et bon retour chez nous ! Nos offres habituelles de critiques reprennent… maintenant ! Oui, oui, des promesses, des promesses. Tout de même, ce blog était en train de devenir affreusement solitaire, et il était temps de parler à propos de la première histoire Disney de l’alors adolescent Don Rosa, donc, nous y voilà (notez qu’un co-auteur est crédité pour cette histoire. Quelqu’un sait-il qui est Ray Foushee ?). Pendant de longues et pénibles années, cette histoire a été plus ou moins légenfaire; il y avait quelques pages sur Internet, mais l’histoire entière (qui n’a jamais été réimprimée ailleurs que dans une édition spéciale collector scandinave ou quelque chose du genre) était insupportablement à l’abris des regards. Je l’ai lue pour la première fois sur l’aujourd’hui défunt « Disney Comics Forum » quand un héroïque contributeur du nom de Sigvald a posté un jours, l’air parfaitement anodin: oui, oui, j’ai des scans de ce truc-là, et s’est mis à les envoyer à tout le monde par courriel. J’ai mis lesdits scans sur Mediafire, et le reste est de l’Histoire. De l’Histoire très ennuyeuse.

Donc, qu’est-ce que cette histoire a de spécial ? Eh bien, elle est ce qu’elle est, et ce qu’elle est est une petite histoire pondue par un duo de petits malins avec un sens de l’humour typiques de petits malins. Certainement pas aussi intelligemment écrit qu’elle ne pense l’être, mais agréablement juvénile, et très intéressant car, satire ou non, il est très facile de voir l’amour de Rosa pour Carl Barks et même une étrange prévisualisation de ce que son style deviendrait plus tard. Et le dessin n’est en réalité pas si mauvais; bien sûr, il est un peu cru, mais il remplit bien ses fonctions, et il devient apparent que la facilité de Rosa à dessiner des canards n’est pas sortie du néant avec Le Fils du Soleil. De plus, on peut voir Rosa dessiner des personnages qu’il n’a jamais redessinés depuis. Donc, allons-voir, hm ?

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Pourquoi ces images sont-elles si… sombres ? Aucune idée. Les images d’origine ont l’air parfaitement normal. J’ai eu des problèmes pour éditer celles-ci, pour des raisons cryptiquement inconnues. Zut.)[1]


Donc, oui: voici le style d’humour principalement connu sous le charmant sobriquet de: « d’apparemment charmants enfants fumant de l’herbe » (c’est de vous que je parlent, vilaines fanfictions d’Harry Potter ! Hou !): hilarant pour tous les adolescent du monde; pour les autres… eh bien, les goûts et les couleurs(…), quoi. Néanmoins, ce dialogue dans la dernière case rend clair que Rosa connaît son Barks par cœur. Riri, Fifi et Loulou sont, remarquez, complètement à côté de la plaque: non, ils n’ont pas eu beaucoup de récompense matérielle, mais toutes ces aventures autour du monde feraient facilement d’eux les Gamins Les Plus Intéressants Du Lycée. On ne peut pas assigner de prix à un tel capital social.

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Bon, dans l’ordre:

Dingo: « Pauvre vieux taré »… oui, aïe. Ai-je dit « agréablement juvénile » ? Eh bien, oui, mais ça ne veut pas dire que nous ne faisons pas un saut du côté de « horriblement juvénile » de temps en temps.

Daisy: J’ai l’impression que nous nous trouvons devant une précurseuse de la Daisy du monde parallèle de Si Donald n’existait pas….

Grand-mère Donald: OK, pour moi, c’est suffisamment macabre pour être drôle. Cela donne aussi la réponse la plus dérangeante imaginable à la vieille question: « Quelle est la différence dans l’univers des Canards entre les animaux anthropomorphes et les animaux non-anthropomorphes ? ». Ah, et qui est-ce donc en arrière plan ? Mais, c’est Charles Rollmops !!! Une référence très obscure, et encore plus pour une histoire publiée en 1970.

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Nous en arrivons à l’autre chose intéressante de l’histoire, la relation entre Donald et Picsou. Intéressante parce que, oui, si vous voulez, vous pouvez extrapoler cette version de leur relation des histoires de Barks. Mais voilà: c’est drôlement plys facile de l’extrapoler des histoires « normales » de Rosa. Cette histoire est peut-être une satire, mais elle pointe clairement le véritable point de vue de Don Rosa sur la relation entre les deux personnages, un peu moins avec Donald (qui est montré plus comme un imbécile que comme autre chose), mais définitivement avec Picsou, qui, je sais que je l’ai déjà trop dit[2], trop souvent un flamboyant et antipathique exploiteur.

Vous pouvez aussi voir quelques exemples du genre de détails d’arrière-plan qu’il adore mettre dans ses histoires.

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ARGH POURQUOI EST-CE QUE CETTE IMAGE EST SI SOMBRE ?[3]

Se renseigner sur des explosifs dans le Manuel des Castors Junior ? Amusant. Cette histoire d’espèce de révolution généralisée des étudiants remet clairement l’histoire à sa place culturellement parlant.

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Je n’sais pas trop, je voulais juste vous montrer cette image du suicide de Gontran. N’avons-nous pas tous voulu voir une telle chose à un moment ou à un autre ?[4]

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OK, ce passage me fait rire en vertu du simple fait qu’il est basé sur un jeu de mot aussi idiot.[5] Rosa n’est peut-être pas très intéressé par les personnages Disney non-canardiens, mais cette histoire prouve qu’il les connaît parfaitement.

Je ne peux pas dire que les rhymes soient spécialement bien trouvée, en revanche[6].

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Ouais. Bon. Je suppose que c’est une sorte de blague assez évidente, mais Rosa dessinant un personnage de la Warner Bros n’est pas quelque chose que vous voyez tous les jours. Ni aucun autre jour qu’aujourd’hui, d’ailleurs.

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Ici, Donald apprend l’importante morale de l’histoire: ce n’est pas l’argent qui compte. Ne le voyez-vous donc pas ? Cela n’a jamais été l’argent qui comptait ! Ce qui compte, c’est la violence insensée !

Sérieusement, d’une façon ou d’une autre, je trouve que cette conclusion est hautement satisfaisante. Il y a vraiment eu des fois où, à la fin d’histoires de Rosa, j’ai eu l’impression que Picsou méritait quelque chose de ce genre. Et maintenant, nous pouvons l’admirer pour de vrai ! Enfin, d’après une certaine définition de vrai.

Bon, c’est à peu près tout. Ce n’est bien sûr pas du Grand Art, mais en tant qu’une petite curiosité d’un homme qui devait continuer vers une œuvre bien plus intéressante, ce n’est pas mal. Pas mal du tout. C’est vraiment minable que Fantagraphic[7] ne va apparemment pas inclure cette histoire dans leur série de réimpressions. Sérieusement, vous rehaussez involontairement la réputation de cette histoire par cette résistance phobique à l’idée de la voir percer officiellement à la surface. 


Notes et références

  1. C’est bien GeoX qui parle, chers amis lecteurs, pas moi l’humble traducteur.
  2. Pas du point de vue des lecteurs français, pour qui c’est la première critique de Don Rosa, mais vous verrez cela plus clairement dans le futur.
  3. Là encore, le micro est encore entre les mains de GeoX, ne vous inquiétez pas.
  4. GeoX, nourri d’histoires de Barks et Rosa où Gontran est surtout un insupportable vantard, n’est pas familier avec les histoires Italiennes où Gontran est plus sympathiques.
  5. Je vous dois des explications, étant donné que le jeu de mot est à peu près intraduisible. Géo dit qu’il a placé « un mouchard », un microphone, sur tous les étudiants du campus. En anglais, un « mouchard » se dit « bug », littéralement « insecte ». Or, le personnage de Bucky Bug est un « insescte », un « bug ». Une traduction possible serait que Géo dirait avoir placé « un mirco-espion » sur tout le monde, sous-entendu un microphone d’espionnage, mais qui serait en réalité Bucky, un « micro-espion » comme on pourrait dire un « mini-espion ».
  6. Bucky Bug, étant originaire des cartoons « Silly Symphonies » où les personnages s’expriment en chanson, parle en vers dans toutes ses BD des années 30 à 50 qui ont donné bien du fil à retordre aux traducteurs (quand il n’abandonnaient pas purement et simplement pour faire parler Bucky normalement). Je le mentionne juste parce que Bucky est très peu connu en France. Tenez, dans les commentaires, dites-moi: combien de vous le connaissaient avant de lire ces lignes ?
  7. L’édition équivalent de Glénat qui, aux Etats-Unis, est chargée d’éditer les intégrales Disney. À ne pas mélanger avec IDW Publishing, qui s’occupe des magazines (v. mon introduction à La Revue des Canards)
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