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Villainous rivalry by krakenguard-d67p7ca
Je continue encore et toujours mon histoire… Ici, je vais utiliser le vieux Jack McPIcsou. Je le sais, il y en a qui vont me répondre qu'il est mort. Eh bien non, vous allez voir…

Les Complots de Jafar, épisode 11: Jack et Balthazar

À peine Donald était-il arrivé à Donaldville (je vous passerais le récit de son trajet rocambolesque; disons simplement qu'il convoqua pour cela des mouettes, une fusée, un costume d'astronaute, un poisson, un parachute et un chat) qu'un infirmier suractivé le prit à part:

« Monsieur Donald ? 

— Couacoui, c'cwest mwwoi.

— Vous dites ?

— Kwe Ditcouin qwe cw'est mwoi !

— Ah, désolé je vous avais pris pour M. Donald Duck… On vous a déjà dit que vous lui ressembliez ? »

Furieux, le canard attrapa un carnet qu'il gardait toujours dans sa poche à cet effet et écrivit en grosses lettres:

Carnet

« Oh, désolé…

Ça va ! écrivit-il sur son carnet. Passez-moi les excuses ! Que me voulez-vous ?

— Eh bien, on vous demande à l'hôpital… Hem… Votre oncle…

À l'hôpital ? Pourquoi ? écrivit Donald.

— Euh, je vous expliquerai en route. Chaque minute compte, maintenant ! »

Le Donald Duck qui arriva à l'hôpital Nord de Donaldville un quart d'heure plus tard n'était plus le même. C'était un pauvre canard atterré. Certes, la perspective d'hériter de quelques fantastimillions l'avait souvent motivé par le passé… Mais il n'avait jamais pensé sérieusement que la mort de son oncle arriverait comme ça, brusquement, sans prévenir. Et voilà que d'une manière inconnue, il était tombé de plusieurs kilomètres en plein sur une enclume ! Fallait-il qu'il ait perdu son sou n°1 pour qu'une telle malchance lui arrive ! Et encore, le vieil écossais était solide. Quand on l'avait porté à l'hôpital, il respirait encore — difficilement, mais il respirait.

Une infirmière silencieuse conduisit le canard en vareuse de marin à travers les couloirs jusqu'à une grande chambre asseptisée. Presque toute la famille Duck était réunie, ainsi que quelques amis, et veillaient sur le vieil avare. Goldie même avait fait le voyage. Muchkale, lui, n'avait pas grand'chose à voir avec tout ça; mais comme son hôte Dingo y était allé, il jugea qu'il serait toujours bon de le suivre. Et maintenant qu'il était là, il pleurait cet homme « si généreux, sans lequel il serait encore coincé pour des siècles sur sa Lune d'Or… ».

La tête posée sur l'oreiller, Picsou, couvert de bandages, pouvait à peine parler. Donald se demanda si les infirmiers ne lui avaient pas partiellement cachée la situation critique dans laquelle il se trouvait; ses premières paroles audibles furent en effet:


« Mmh… Mais éteignez tous ces appareils qui clignotent ! Vous imaginez la facture d'électricité ?

— Mais onc'Picsou… fit l'un des neveux. Ce sont ces appareils qui te permettent de rester en vie !

— En vie ? Qu'est-ce que tu veux dire ?…

— Mais enfin, onc'Picsou, tu ne te rends pas compte de ton état ?

— Quoi ? Je suis en danger de… de… ? »

Il se tournait, incrédule, vers son médecin. Ce dernier, rougissant, hocha la tête. Le canard le plus riche du monde resta un moment pensif, respirant avec peine. Une idée lui revint soudain.

« La Mort ? Bah ! Balthazar McPicsou ne craint pas la mort ! Un fantôme jouit tout aussi bien de son or qu'un vivant, après tout.

— Heu… peut-être… peut-être… »

Cette parole de Picsou redonnait un peu d'espoir aux Duck présents. Après tout, Picsou était écossais… et tous les écossais marquants deviennent des fantômes… après tout, ils ne risquaient pas de le perdre complètement. Quelqu'un crut cependant bon de rappeler:

« Mais, oncle Picsou… Juridiquement, que tu deviennes fantôme ou pas, ton argent sera redistribué entre tes héritiers ! »

Il y eut un déclic dans le cerveau du milliardaire. Dans la mesure où l'état pitoyable de ses os le permettait, il bondit sur ce qui restait de ses pieds, qui étaient noyés dans quelques hectolitres de plâtre, et saisit la blouse du médecin de service:

« Sauvez-moi, doc ! Je paierait ! J'ai des milliards de fantastimillions à vous donner ! Tentez tout ce qui est en votre pouvoir !

— Pour commencer, si vous voulez guérir, calmez-vous, monsieur ! Vos entrailles s'entrechoquent comme des grelots à chaque mouvement ! Bon… Voilà… Comme ça… Allez… »

Puis, se tournant vers les Duck:

« Nous allons tenter une opération de la dernière chance. Je vous prie de vous retirer un instant… »

Les canards retournèrent à l'extérieur de l'hôpital. Donald avait vainement cherché quelqu'un dans l'assistance; soudain, il l'aperçut, mais pas du tout là où il l'aurait cherché. Pour comprendre ce qui va suivre, il convient de vous représenter ce qu'était l'hôpital de Donaldville; une grande bâtisse de pierre blanche qui devait faire 95 mètres de large pour vingt de long. Il était situé au numéro 40 d'une avenue. Entre le n°40 et le n°42, il y a comme une ruelle étroite et sombre, d'un ou un-et-demi mètre de large selon les endroits. On y range les poubelles et accessoirement les clochards, pour éviter d'avoir à les regarder. Et c'est dans ce banc d'infamie que Donald venit de repérer un membre de sa famille : le vieil oncle Jack Drake McPicsou.

« Oncle JACK ? Qu'est-ce que tu fais là ?

— Ah… Attends, ne souffle pas… qui es-tu ? Mon petit-neveu Donald, n'est-ce pas ? Oh, mes pauvres yeux…

— Mais enfin, Onc'Jack… Toi, un mendiant ?

— Hélas oui… Il y a plus de 120 ans, j'ai investi toute mon énergie dans la bataille que Donaldville a menée contre Coucouville… Tout mon argent aussi ! Déjà qu'à l'époque, j'avais des soucis d'argent… Une fois revenu à la vie civile, j'étais acclamé, mais je n'avais pas un rond. J'ai dû emprunter 10 ¢ à mon neveu Balthazar. Quelle erreur ! Pour éviter qu'il ne me force, moi, son vieil oncle de 78 ans, à travailler pour lui le restant de mes jours ! Alors, j'ai fait courir le bruit que j'étais mort et je me suis caché. Et voilà à quoi il en est réduit, le "Héros de Donaldvilleé" ! Non, la célébrité ne fait pas toujours le bonheur… »

Donald acquiesça. Lui aussi était extrêmement connu de part le monde grâce aux dessins animés et aux BD racontant sa vie. Pourtant, il était toujours fauché. À cause d'une vieille dette à son oncle Picsou, tout son salaire lui revenait.

« Mais dis-moi, reprit Jack, que faisais-tu à l'hôpital ? »

Donald n'eut pas le temps de répondre. Alors que le soleil orange se couchait à l'horizon derrière la statue de Cornélius Écoutum, un infirmier était venu lui annoncer qu'il n'y avait plus d'espoir.

« Ce cher vieil oncle Picsou… »

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