Précédemment : Un avion de l’OTAN disparaît mystérieusement en mer avec à son bord deux bombes atomiques, tandis que Donald Duck se retrouve sans emploi le jour de Noël et entame une existence monotone, sans plus aucune aventure avec son oncle Picsou…

- Kathy, ne peux-tu pas comprendre l’amour que j’ai pour toi. Je… je ne sais quoi dire !

- Mais Dick… Je… Tu es mon médecin, tu comprends. Et j’ai déjà des relations avec Bill…

- Quoi ? Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Bert est-elle au courant…

- Je… Je ne sais pas… Je ne sais plus.

Eh oui, Donald passait ses journées à regarder Haine et passion, sur CBS. En effet, le canard n’avait rien à faire, mais alors vraiment rien à faire de ses journées. De plus, c’était l’hiver. L’année 1956 venait de débuter… « Ce n’est pas possible, il faut lui trouver quelque chose à faire… », s’exclamait souvent Riri. Mais non, malheureusement, il n’y avait rien à faire… Cependant, soudain, le feuilleton fut interrompu par une sonnerie de téléphone qui retentit. Donald fit l’effort inédit de se lever de son canapé, et décrocha son téléphone.

- Allô ?

- Allô…, répondit la voix au téléphone.

- C’est qui…

- C’est ton oncle Balthazar Picsou, qui a besoin de toi immédiatement !

- Est-ce-que tu te rends compte que tu m’as coupé au moment où Kathy révélait son amour à Dick !

- Quoi ? Mon neveu, il est temps que tu te réveilles !

- Comment ça ?

- Tes neveux m’ont appelés. Ils en ont marre de toi. Apparemment, tu passerais tes journées à regarder… Haine et passion, c’est ça ?

- Et alors ?

- Et bien, ils m’ont proposé de t’encourager à te lever de ton canapé !

- Et c’est pour ça que tu m’as appelé ?

- Oui, en quelque sorte. Mais j’ai besoin de toi !

- Pourquoi ?

- Tu verras.

- Bon… Allez, j’arrive.

Donald raccrocha. Il pensa alors que son oncle avait l’air bien mystérieux au téléphone, et se demanda bien ce qu’il lui voulait. Il s’habilla, revêtit son manteau et son béret, puis sortit dans le froid. Il neigeait, et le vieux moteur de la 313 était gelé. Le canard se décida donc à prendre le métro. Il alla à la station Quack St., et attendit la prochain métro pour rejoindre McMallard Park. Il acheta en passant l’Écho de Donaldville, et lut l’actualité :

« Tiens, pensa Donald, ils sont toujours en train de rechercher ce qui est arrivé à l’avion de l’OTAN qui a disparu peu avant Noël… Étrange affaire, tout de même… »

Le métro entra dans la station, et Donald l’emprunta. Dans le métro, il continua de lire le journal, quand il fut interrompu par quelque chose d’étrange. La rame de métro en croisa une autre, et dans celle d’en face, Donald surprit un visage qu’il avait l’impression de connaître. Celui-ci ne surgit que pendant quelques secondes, et pourtant, il marqua le canard. Il s’agissait d’une cane, blonde, qui le regardait. Il ne savait pas d’où il connaissait ce visage. Il ne savait pas, où peut-être il ne savait plus. Mais il préféra oublier ce qui venait de se passer, et se rendit compte qu’il faillit rater la station McMallard Park à force de penser à ces choses étranges. Donald descendit donc du métro, sortit de la station, marcha un peu dans le parc McMallard afin de s’aérer l’esprit, comme on dit, puis se dirigea vers l’immense coffre de son oncle, tout proche. Après avoir évité la cinquantaine de mines sur la colline Killmotor, et avoir dépassé tous les autres fameux pièges sensés décourager les Rapetou ou miss Tick, Donald pénétra dans l’enceinte du coffre. Il monta les interminables escaliers (seul Picsou pouvait utiliser l’ascenseur !), et salua miss Frappe.

- Oncle Picsou est-là ?

- Oui, il vous attends.

- Merci, miss Frappe.

Donald entra dans le bureau de son oncle, et vit celui-ci en train de faire des comptes.

- Ah, te voilà, mon cher neveu. Je suis en train de compter mes gains de l’année 1955. Je ne veux pas payer des comptables. Ils sont payés trop chers pour ce travail si simple ! Je peux le faire moi-même ! Même toi, tu pourrais le faire, mon neveu.

- Attends, oncle Picsou. Tu m’as appelé ici pour que je fasse tes comptes ? Mais je ne m’y connais rien.

- Non, mon neveu. J’ai besoin que tu m’accompagnes à Moscou, prochainement.

- Que vas-tu faire à Moscou ?

- J’y vais pour des affaires.

- Des affaires en Union Soviétique. Depuis quand les industriels communistes font des affaires avec les milliardaires américains ?

- Hum… Ce n’est pas sensé être su par les médias... ni par l’État. C’est un accord secret.

- Mon oncle, je ne savais pas que tu étais communiste.

- Je ne le suis pas. Seulement, je fais des affaires. C’est mon métier.

- Puis-je savoir en quoi consistent ces affaires ?

- Oui, très bien. Il s’agit d’éviers. C’est l’hiver, et les industriels soviétiques se sont rendus compte de quelque chose : au bout de quelques années, leurs éviers ne tiennent plus le froid, et gèlent.

- C’est assez problématique pour les gens…

- Oui, et surtout ça commence à embêter le régime. Ils ne veulent pas d’une rébellion à cause d’éviers… Donc ils ont eu l’idée de demander l’avis d’un spécialiste des éviers.

- Et j’imagine que ce spécialiste, c’est toi !

- Oui, c’est un peu ça.

- Bref, tu as passé un accord avec les soviétiques pour que tu installes tes usines d’éviers en URSS, et que tu leur vendes. Je me trompes.

- Non, pas vraiment. Regarde, déclara le milliardaire en montrant à son neveu une grande pancarte, ça, c’est mon nouvel évier. L’évier socialiste Picsou !

- Je ne pensais pas entendre de ma vie socialiste et Picsou dans la même phrase.

- Pourtant si. Grâce à cette superbe œuvre…

- C’est un évier…

- Oui, bon, grâce à cet évier, je vais pouvoir m’implanter en URSS.

- Je vois. Tout est affaires !

- Tu as compris mon neveu. Et ce soir, je dois partir à Moscou, et je voudrais que tu m’accompagnes. Ce voyage n’est pas forcément très sûr, et je n’ai pas envie de payer des gardes du corps à des tarifs abominables.

- Donc tu fais appel à ton neveu.

- Tu as tout compris.

- Je ne viens qu’à une seul condition : je veux être désormais payé à 35 cents de l’heure…

- COOOOUUUUAAACCC !!!! Tu as augmenté les prix ! Tu veux me ruiner ? Mais bon, j’ai réellement besoin de toi. Donc, oui, j’accepte ton tarif.

- Très, bien, ce soir, à quelle heure ?

- Dix-huit heures trente, à l’aéroport.

C’est ainsi que Donald repris le goût de l’aventure. Riri, Fifi et Loulou durent rester à Donaldville, car ils avaient une très importante compétition entre les Castors Juniors du monde, ce week-end, et ils ne pouvaient rater ça, vu leur rang. Le soir, Donald rejoignit son oncle à l’aéroport de Donaldville, et s’envolèrent à bord d’un Lockheed Constellation de la Pan Am, en classe économique, bien sûr, en direction de Moscou, vers de nouvelles aventures...

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