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Précédemment : Picsou et Donald, en voyage d’affaires à Moscou, surprirent l’organisation d’un complot visant à renverser Khrouchtchev. Donald est enlevé par les instigateurs de ce complot, tandis que Picsou, accusé d’avoir tué le chef du KGB, et envoyé au goulag. Mais Popov, un agent du KGB sachant l’innocence du milliardaire, le libère (illégalement).

Un grand événement allait se dérouler à Moscou, enneigée en ce mois de février. Tout le monde n’attendait que ça : le XXe congrès du Parti Communiste. Tous les hauts responsables soviétiques seraient réunis dans une même salle pour discuter de l’avenir de leur pays. Personne ne savait quelles décisions allaient être prise, qu’est-ce-qui allait se passer. C’est pourquoi tous les soviétiques attendaient cet événement : il allait enfin savoir, depuis la mort de Staline, ce qu’ils allaient devenir.

Picsou et Popov roulait en direction de Moscou. La circulation était difficile, en raison de la neige, mais leur voiture arrivait à se faufiler au milieu des embouteillages moscovites. Popov expliqua son objectif à Picsou :

- Voilà ce que l’on doit faire : il faut absolument prévenir les autorités de ce complot. Cependant, il ne nous reste peu de temps et on doit donc faire vite.

- On a déjà essayé de les prévenir, fit remarquer Picsou, mais on a eu des ennuis, là-bas, au KGB.

- Oui, c’est vrai. Mais là, ça va mieux se passer. Savez-vous ce qui se déroule en ce moment à Moscou ?

- Aucune idée. Je n’ai pas suivi les actualités depuis un certain temps, vu que j’étais enfermé dans ces prisons infernales… Une fête à la gloire de Lénine ?

- Vous n’en êtes pas loin. Il s’agit du XXe congrès du Parti Communiste, qui vient de débuter.

- Et alors ?

- Eh bien, voilà ce que l’on doit faire. Il faut prévenir les plus hauts de mon pays. Et tous les plus hauts sont réunis à ce congrès…

- En clair, vous voulez que nous interrompions ce congrès pour leur révéler le complot ?

- En quelque sorte, c’est ça.

- Bon, bien… Et on ne va pas se faire arrêter avant ?

- Espérons que non…

- Ça me rassure beaucoup, ce que vous dites, Popov…

Leur voiture se dirigeait vers le Kremlin, et, à fur et à mesure qu’elle s’en approchait, Picsou était de plus en plus angoissé à l’idée de devoir agir au nom de l’URSS… Finalement, il aurait préféré rester tranquillement à Donaldville, en train de siroter une tisane à la noix de muscade et en regardant les cours de la bourse…

- Allez, monsieur Picsou, dit Popov. C’est à vous de jouer !

- Gloups…

Picsou descendit de la voiture, devant le Kremlin, et courut vers l’entrée du palais. Les gardes hurlèrent au canard :

- Стоп! Стоп! Вы не имеете права проходить…

Ce à quoi Picsou répondit :

- Je n’ai pas le temps pour ces idioties. C’est important.

Picsou pénétra dans l’immense palais. Il se dirigea vers la grande salle où se tenait le congrès. Les gardes tentèrent encore de l’empêcher de passer, mais le canard arrivait tout de même à se frayer un chemin. Enfin, il avait devant l’immense porte qui donnait sur la salle du congrès. Allais-t-il l’ouvrir ? Il hésitait encore… Il ne savait plus ce qu’il faisait… Mais il devait le faire ! Il prit son courage à deux mains, et ouvrit la porte.

Personne ne le vit entrer, tout le monde étant concentré sur ce que disait Nikita Khrouchtchev, qui venait de prendre la parole. Picsou continua d’avancer, au milieu de tous ces hommes qui ne le connaissaient sûrement pas. Il marchait avec courage, jusqu’à l’autel où Khrouchtchev prenait la parole. Il était en face d’un des hommes les plus puissants du monde. Celui-ci le regardait avec des yeux étonnés, et interrompit son discours.

- Bonjour, déclara Picsou.

Tout le monde était étonné de le voir prendre la parole.

- J’ai quelque chose à vous dire. Quelque chose de terriblement important, qui peut changer la face du monde si c’est su. Un complot est monté contre vous, monsieur Khrouchtchev, je peux vous l’assurer.

- Que racontez-vous, répondit l’intéressé. Et d’abord, qui êtes-vous ?

Chacun parut passionné par la tournure de la conversation.

- Je suis Balthazar Picsou, l’homme le plus riche du monde. Je suis américain. Et pourtant, je tiens à vous aider.

- De quel complot parliez-vous ?

- Et bien, voyez-vous, les stalinites en ont, comment dire… Un peu marre de vous. Ils estiment que vous êtes un lâche, un faible, un incapable. Ils regrettent le « bon vieux temps », où Staline était encore au pouvoir. Ils ont donc passé un accord avec vos voisins brutopiens. Vous rappelez-vous de cet avion de l’OTAN qui a mystérieusement disparu avec à son bord deux bombes atomiques. Et bien, ces bombes sont actuellement en possession de vos opposants stalinistes, et de leurs amis brutopiens. Leur projet est de les larguer successivement sur New York et Moscou, en faisant habilement porter la responsabilité aux États-Unis pour Moscou, et à l’URSS pour New York. Ainsi, les deux grandes nations de ce monde se déclareront la guerre, ce qui déstabilisera fortement chacun… La Brutopie va alors envahir l’URSS, vous perdrez votre place et ce seront les stalinistes qui dirigeront le monde.

- Ce que vous dites est-il vrai ? Parce que je n’apprécie pas spécialement votre façon d’interrompre nos discussions.

- Je les interromps pour la bonne cause. Et ce que je dis est bien évidemment vrai.

- Voilà, camarades, entama Khrouchtchev. Ce canard a raison, je le crois. Ne voyez-vous donc pas ce que préparent nos ennemis. Ils vont nous détruire, nous anéantir. Je vous l’avez dit. Il est temps de combattre justement les opposés à l’intégrité de notre nation. Nous devons éliminer ces descendants de Staline, assoiffés de pouvoir. Nous devons combattre leur grand allié, qui est d’ailleurs notre propre voisin, la Brutopie ! Voilà ce que je vous propose : nous devons envahir la Brutopie !

Alors une immense acclamation retentit dans la salle. Tout le monde hurlait à la gloire de Lénine et de son digne successeur, Khrouchtchev. Chacun ne pensait alors plus qu’à une chose : détruire la Brutopie.

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