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Précédemment : Donald, après avoir été enlevé à Moscou, est libéré par une agente de la CIA tandis que Picsou est libéré du goulag, où il avait été enfermé à la suite de fausses accusations, par Ivan Popov, un agent du KGB. Popov et Picsou ont révélé à Khrouchtchev, lors du XXe congrès du PCUS, un immense complot mené par la Brutopie visant à le renverser…

Vitebsk, Biélorussie. Dans une petite chambre d’hôtel, simple mais confortable, Donald lisait le journal tandis que la mystérieuse agent de la CIA qui l’avait sauvée cherchait désespérément une robe qui lui convenait. Ça faisait déjà trois jours qu’ils étaient ici, et ils se demandaient parfois ce qu’ils allaient faire...

« Avez-vous vu ça, dans le journal.

- De quoi ?

- Khrouchtchev a déclaré la guerre à la Brutopie.

- Ah bon… Pourquoi ?

- Apparemment, il a été mis au courant du complot par un… un canard courageux ? Un certain Balthazar Picsou, un riche capitaliste américain ?

- Je vois ça… Ce matin, en kiosque, tous les journaux indiquaient : « l’URSS sauvée par un capitaliste américain ! ».

- Tout peut arriver…

- Picsou, Picsou… Un personnage peu sympathique, en tout cas du temps où je l’ai connu. Peut-être a-t-il changé ?

- Vous avez connu Picsou ?

- Oh, euh... Un petit peu. Vous savez, dans notre métier, on connaît tout le monde.

La cane se regardait dans un miroir, portant une magnifique robe noire.

- Pas mal, celle-là.

- Attendez, fit remarquer Donald, vous me faites penser à quelqu’un. Je… Je… Non… Je sais qui vous êtes. Votre nom. Votre identité. Votre vie. TA vie… Heureux de te revoir, Della.

L’intéressée se retourna vers Donald, et répondit :

- J’attendais ce moment depuis longtemps, Donald.

- C’était toi que j’ai aperçu, dans le métro, à Donaldville, l’autre jour ?

- Oui, tu as deviné. Je voulais savoir ce que tu est devenu. J’ai eu la réponse. Tu étais heureux. Heureux et insouciant.

- Mais, pourquoi ? Pourquoi as-tu disparu ? Pourquoi as-tu laissé tes enfants chez moi…

- Je n’avais pas le choix. J’ai trouvé mon avenir dans la CIA. Mon mari était agent secret pendant la guerre, du temps où la CIA n’existait pas. Il m’a attirée dans là-dedans, et voici ma vie. Mais il est mort, il fut tué pendant une mission en Yougoslavie. J’avais mes trois enfants sur le dos, mon boulot, ma vie… Je devais faire un choix. Je te connaissais, Donald, mon frère. Je savais que tu saurais d’occuper de ces… petites teignes. Oui, aussi, je ne pouvais plus les supporter. Je t’avais prévenu…

- Ils ont changé. Je les ai éduqués, ils sont devenus sages, intelligents et bienveillants. J’aime mes neveux. Jamais je ne pourrais m’en séparer. Pourraient-ils te revoir un jour ? Je ne crois pas… Je suis comme leur père pour eux, je les protège, je les écoute, je les gronde parfois, mais je les aime. Je crois que tu ne fais plus partie de leur vie, Della…

- Oui, je comprends… Je comprends tout à fait ce que tu veux dire… Puis, de toute façon, je risque de disparaître… Je ne peux rester avec toi, Donald. J’aimerais, mais je ne peux pas. Tu me reverras peut-être, dans un mois, un an, dix ans, peut-être jamais…

- Peux-tu au moins m’accompagner à Moscou pour rejoindre mon oncle Picsou. Il a changé, lui aussi.

- Tu es sage, Donald. Des gens méprisants, moqueurs, malveillants, teigneux, tu arrives à en faire des gens magnifiques…

- Tu n’as pas encore vu mon cousin Gontran, à ce que je vois.

- Oh, oui, mais lui… C’est un cas !

- M’accompagneras-tu à Moscou ?

- Oui.

Le lendemain, Donald et Della prirent un avion pour Moscou à l’aéroport de Vitebsk, puis, dans la soirée, ils arrivèrent enfin dans la capitale soviétique. Ils furent étonnés d’entendre des acclamations au cœur de la Troisième Rome :

« Vive Lénine, notre fondateur, Khrouchtchev, le défenseur de notre nation, et Picsou, le capitaliste bienveillant ! »

Soudain, Picsou, qui était au milieu de tous ces gens, aperçut son neveu :

- Donald ! On attendait plus que toi ! Où étais-tu ? Toujours parti là où il ne faut pas, toi ! Et qui est cette femme à côté de toi ?

- Tu es sûr qu’il a changé, ton oncle, demanda Della à son frère.

- Parfois, je me le demande, répondit Donald.

Picsou se dirigea vers son neveu et sa nièce.

- Balthazar Picsou, le « capitaliste bienveillant », comme on dit, par ici.

- Della Duck, ta nièce.

Le milliardaire s’effondra soudainement par terre.

- Vite, des sels, des sels, s’exclama Donald.

- Il est émotif, dis donc, fit remarquer Della.

- Généralement, c’est plus quand il apprend la faillite d’un de ses nombreuses entreprises…

- Argh !, fit Picsou, en reprenant connaissance.

- Ça va ?, demanda Donald.

- Je me remets du choc… C’est bien la Della que je connais ?

- Oui, en personne.

- Bon, on va discuter un peu dans le taxi qui nous mènera jusqu’à l’aéroport.

Ainsi, Picsou héla un taxi, puis monta dedans avec son neveu et sa nièce, toujours acclamé par la foule. Ils discutèrent longuement, de ce qui s’est passé chacun de leur côté, de la vie de Della, de Donaldville, de tout ce dont ils avaient envie de parler… Puis, enfin, après plusieurs dizaines de minutes, ils arrivèrent à l’aéroport de Vnoukovo. Picsou et Donald prirent des billets pour Donaldville, toujours accompagnés par Della, puis allèrent au bord de la piste.

« Les passagers du vol 438 de l’Aeroflot, à direction de Donaldville, sont invités à prendre place à bord de l’avion. »

- Quoi ?, hurla soudain Donald.

- Tu crois vraiment que je vais payer DEUX places à bord de cet avion. J’en ai les moyens, d’après toi.

- Tu nous a envoyés dans la soute à bagages !

- Et alors, du moment que c’est moins cher.

- Bon, très bien…

Della se tourna vers Picsou :

- Adieu, oncle Picsou.

- Adieu, Della.

Puis elle se tourna vers son frère :

- Donald, adieu. Prends soin de mes petits anges. Je te reverrais peut-être un jour… Je ne sais pas.

- Adieu… Della.

Une hôtesse de l’air hurla aux canards :

- Eh, les deux excentriques de la soute à bagages, on n’attends plus que vous !

- On arrive, on arrive.

Deux minutes plus tard, l’avion s’envola vers Donaldville, laissant Della seule au sol, qui ne pouvait se décider à quitter l’aéroport...

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