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La Terreur du Transvaal bandeau

La Terreur du Transvaal est une histoire en bande dessinée de douze planches scénarisée et dessinée par Keno Don Rosa. Elle a été publiée pour la première fois en mai 1993, simultanément au Danemark, en Suède et en Islande. C'est le sixième épisode de La Jeunesse de Picsou, mettant en scène la première confrontation entre Balthazar Picsou et son rival Archibald Gripsou dans la jungle africaine, notamment à Johannesburg.

SynopsisModifier

Après avoir échoué de peu à faire fortune aux États-Unis, plus particulièrement au Montana, Balthazar Picsou a dû revenir en Écosse pour aider ses parents. Une fois les affaires familiales réglées, c'est en Afrique du Sud que Picsou tente sa chance, au Transvaal, car de l'or a été trouvé. Il fait néanmoins une rencontre inattendue, celle d'un boer inconnu...

Résumé completModifier

Transvaal

Une carte du Transvaal, à l'époque de la République sud-africaine, l'époque où Picsou se rend en Afrique du Sud.

Si Picsou a dû temporairement délaisser sa quête de richesses à cause des problèmes de sa famille quant au château du clan McPicsou, les problèmes furent réglés et le jeune canard assoiffé a pu repartir dans sa quête très rapidement. D'autant qu'une nouvelle lueur d'espoir de ruée vers l'or s'est annoncé à Witwaters-Rand Ridge[1] pour une véritable « ruée vers l'or du Rand ».

Rapidement, Picsou arrive à Kimberley, à la frontière avec le Transvaal. Il y constate une mine de diamants, remplie de monde, de prospecteurs aussi affamés que lui qui piochent pour récolter quelques grammes de diamants. Cette situation misérable ne donne pas envie à Picsou, qui espère trouver ses richesses seul, dans son coin, et par lui-même.

Dossier9 9 (2)

Le boer tentant de voler à Kruger sa récolte de diamants.

Dans cette mine, il y a tellement de monde que des boers tentent de voler le dur travail de prospecteurs. L'un d'eux, nommé Kruger, est attaqué par un boer anonyme vivant dans la misère, mais vite repéré. Pour le sanctionner, il est mis dans un treuil, alors qu'il tente de s'excuser en indiquant avoir vu une « mouche » sur les diamants qu'il voulait écraser. Il trouve ensuite une autre excuse, celle d'avoir voulu voler de l'eau, mais rien n'y fait : il est sur un buffle, se dirigeant vers un veld, un endroit désert.

Balthazar Picsou sauvant Archibald Gripsou en 1887

Le sauvetage du boer anonyme par Picsou sur un buffle.

Par chance, le boer croise Picsou, qui le voit ligoté sur un « drôle de bœuf ». Picsou, dans son courage habituel, décide d'arrêter le buffle de ses propres mains, ce qui est chose facile pour lui après qu'il ait dirigé un troupeau de bœufs au Montana et qu'il ait su dresser Hortense. Le buffle se retrouve ligoté au niveau des sabots, et Picsou demande ce que le boer faisait sur sur son dos. Celui-ci, habitué, ment : il indique qu'il a essayé de l'attraper au lasso. Balthazar le croit, et pense que la vie est difficile par ici. Il indique ensuite ses intentions : il veut aller à Johannesburg pour chercher de l'or. Le boer dit avoir des intentions similaires, et lui propose de voyager ensemble. Picsou, dans un rare moment de solidarité, accepte la présence d'un guide dont il a besoin à travers de ce nouveau pays : ils voyagent donc au sein du grand Transvaal.

Archibald Gripsou jeune

Le jeune boer préparant son plan pour dérober tout le matériel de Picsou pendant la nuit de campement.

Campant dans la nuit, Picsou et le boer inconnu discutent de leurs ambitions, le jeune écossais étant persuadé d'être riche. Il veut initier son camarade à la prospection. Ce dernier veut aussi lui apprendre quelque chose, sans préciser quoi. Il indique qu'il souhaite éloigner les animaux sauvages... Mais il veut en réalité lui donner une « leçon » des plus dures : l'abandonner à son sort, sans rien, au milieu du Transvaal. L'afrikaner lui a tout volé...

Dans cette situation, la première réaction de Balthazar est une panique naturelle, ainsi qu'une incompréhension : sa générosité s'est retournée contre lui, et il ne comprend pas pourquoi le boer s'est conduit ainsi. Seul dans la nature, Picsou imagine que le Transvaal est très différent du Kansas et qu'il ne pourra pas y survivre aussi facilement. il croise immédiatement un lion, puis un éléphant alors qu'il fuyait le lion, puis un léopard, puis un rhinocéros ; au final, il croise tout le parc animalier de l'Afrique du Sud. Il compare l'afrikaner aux Rapetou, en pensant qu'ils sont bien plus honnêtes, puisque leurs intentions sont claires. La colère finit par l'emporter : le « traître » qu'est le voleur sud-africain lui a effectivement donné une leçon : celle de ne faire confiance à personne. Il déclare enfin : « Nul ne peut tromper[2] Picsou ! »

Transvaal original

La colère légendaire de Picsou, qui lui vaudra le surnom de « Terreur du Transvaal ».

Dans sa colère, Picsou va jusqu'à mettre à terre deux éléphants, arrêter un rhinocéros avec un tronc d'arbre, et à chevaucher une girafe. La girafe ne lui convient pas à terme, parce qu'elle donne le virage, donc il la troque pour un lion. Pourtant un animal particulièrement puissant et fort, le lion se laisse domestiquer après un « roar » de Picsou bien plus fort que le sien ! Le lion ne devient alors pas plus offensif qu'un chat à l'égard de Balthazar.

C'est donc en chevauchant un lion que Picsou rentre dans Johannesburg, une ville qui s'apparente à une ville de l'Ouest américain, sauf qu'elle n'a pas des cow-boys de la carrure de Picsou qui y sont rentrés auparavant. La population est terrorisée par le jeune canard qui chevauche un lion, du jamais vu auparavant. L'écossais retrouve rapidement le chariot que ce boer infâme lui a volé, dans une écurie. Le propriétaire de l'écurie lui indique où est parti cet afrikaner, et Picsou lui demande de garder son lion. Ses consignes sont ignorées, car l'écurier est terrorisé par la bête qu'il doit admettre dans son écurie...

C'est donc dans une terreur habituelle aux États-Unis, mais jamais vue dans le Transvaal, que Picsou va retrouver celui qui lui a volé, avec deux revolvers et un chapeau digne d'un cow-boy américain. C'est dans un saloon que le boer se repose : il raconte des mensonges honteux sur Picsou, en disant que « lui et son gang » avaient tenté de le voler et qu'il a réussi à les battre. Puis, quelqu'un vient pour l'alerter qu'un cow-boy le cherche.

Le cow-boy écossais rentre quelques secondes plus tard. Il se présente comme « son pire cauchemar ». Armé, il ne veut pas entendre ses excuses mensongères, mais veut simplement prendre sa vengeance. Pour la première fois, Picsou devient « féroce » : il ne fait pas confiance au boer, mais ne veut pas le tuer, alors que le propriétaire du saloon tente de le calmer en offrant le repas. Ils sortent dehors et se rendent proches d'un General Store[3] : Picsou utilise les marchandises pour faire tomber de l'huile et des plumes sur l'afrikaner, comme il l'avait vu faire à Cheyenne, une ville du Wyoming, pour un autre bandit. Le boer apparaît alors comme une poule, allégorie de la poule mouillée.

Picsou n'a pas fini sa leçon, mais sa victime s'enfuie immédiatement après que des plumes aient été versées sur son plumage de canard. Le boer veut en effet s'emparer du fusil de l'écossais, qu'il avait aperçu dans son chariot. Mais il se heurte au lion de l'écurie... Le propriétaire, qui avait réussi à maîtriser le lion, est contraint de fuir, alors qu'il y a des dégâts. Il faut le retour de Picsou pour maîtriser la situation. L'afrikaner est assommé, et est emmené en prison par le jeune canard écossais. Le « sale menteur » tente encore de nier, mais rapidement il est en prison. Le boer menace de « devenir quelqu'un » pour prendre sa revanche, ce que Picsou sait qu'il n'y arrivera jamais.

Picsou, ayant pris sa revanche, part donc prospecter. Mais l'or est bien trop enfoui pour sa force physique. Il ne récolte quasiment rien. Il doit donc partir vers de nouveaux horizons, après avoir affronté tant d'ennemis : les Biskerville, les Rapetou, les McVipère et le boer, dont le nom est seulement révélé à la fin de l'histoire, et que Picsou ne saura pas avant soixante-dix ans : Archibald Gripsou...

En coulissesModifier

Références à Carl BarksModifier

Don Rosa fit bien attention de ne pas mentionner le nom de Gripsou, le jeune boer, dans cette histoire : en effet, lors de leur première rencontre chez Carl Barks, dans Picsou contre Gripsou, histoire datée de 1956, Picsou ne reconnut pas Gripsou, ceux-ci semblant même ne s'être jamais rencontrés. Par contre, rien ne nous disait que Gripsou n'avait pas reconnu Picsou dans cette histoire. D'ailleurs, comme le dit Don Rosa, l'accueil glacial que Gripsou réserva à Picsou dans Picsou contre Gripsou pouvait être vu comme un signe que le milliardaire sud-africain savait parfaitement à qui il avait affaire, et qu'il avait connaissance de l'arrivée de Picsou en Afrique (à cause de leur brève rencontre à bord d'un bateau, deux ou trois jours avant ces faits).

Cette histoire dans l'œuvre de Don RosaModifier

À l'origine, Don Rosa ne pensait pas intituler cette histoire La Terreur du Transvaal. Il avait tout d'abord pensé à l'intituler La Proie de la vipère du Transvaal mais son responsable éditorial, Byron Erickson, refusa ce titre car il trouvait que celui-ci faisait référence à Picsou de manière plutôt négative, alors que les autres titres étaient bien plus mélioratifs à l'égard du personnage. Le choix final de Don Rosa s'est donc finalement porté sur La Terreur du Transvaal, bien plus gratifiant.

Lorsque Picsou sauvait Gripsou qui était ligoté sur un buffle, Gripsou dit à Picsou qu'il s'agissait un buffle d'eau, espèce qu'on ne trouve pourtant pas en Afrique. Don Rosa se justifia sur cet animal par ses recherches, qui lui avaient indiqué qu'il y avait eu une importation d'Asie de ces buffles en Afrique, en 1880, pour travailler dans les mines du Transvaal. D'ailleurs, Don Rosa plaisanta avec le nom de l'espèce, en faisant dire à Gripsou, dans son histoire, que ces animaux (les buffles d'eau) étaient difficiles à attraper lorsqu'ils nageaient sous l'eau. Ce qui est bien évidemment faux, car en réalité ces buffles sont appelés buffles d'eau (en anglais water buffalos) pour pouvoir en anglais les différencier des bisons (appelé buffalos en anglais).

Cette histoire marque la première apparition de la malle de Picsou, que Don Rosa va utiliser pendant tout le reste de La Jeunesse de Picsou, notamment dans les scènes d'ouverture des ses chapitres supplémentaires de la série.

Références historiques et culturellesModifier

Don Rosa fit aussi quelques références de cinéphiles. Lors de la scène où Picsou recherchait Gripsou dans la grande rue d'une ville, scène rappelant les films de western, une voix chantonnait le thème du classique du cinéma Hight Noon, intitulé en français Le train sifflera trois fois. Le moment où Picsou dit à Gripsou Fill your hand! (pour « Dégaine ton arme ») rappelle John Wayne dans True Grit - Cent dollars pour un shérif. Il omit tout de même (volontairement) de finir la phrase, celle-ci se concluant par une injure dans le film. Don Rosa déclara aussi que le rôle du pilier de bar était un référence à John Qualen.

Il est à noter que Don Rosa fit attention à ce que, lorsque Picsou vidait ses revolvers sur Gripsou, il y ait bien douze coups, et qu'en suite il soit obligé de recharger ses revolvers. C'est une référence au pistolet à douze coups, arme répandue au XIXe siècle.

Rosa a également fait attention à l'histoire sud-africaine assez méconnue. En effet, l'Afrique du Sud n'existe dans ses frontières actuelles que depuis 1910, et le Transvaal fut notamment une république indépendante au sein de la République sud-africaine, une république boer. Il faut savoir que les boers ne sont pas des colons britanniques, mais néerlandais, tandis que la République sud-africaine était effectivement indépendante des Pays-Bas depuis 1857. Il exista certes une courte période d'annexion par le Royaume-Uni du Transvaal entre 1881 et 1884, mais Picsou était alors aux États-Unis. Rosa ne fait donc pas de confusion et glisse de nombreuses références à la situation actuelle du Transvaal : la frontière avec Kimberley, une ville qui faisait effectivement partie de la colonie du Cap qui resta britannique ; le fait que Gripsou soit un boer, soit un des nombreux colons néerlandais au sein d'une république boer ; et même le fait que le propriétaire de l'écurie de Johannesburg vit à Amsterdam et souhaiterai y retourner des tulipes.

Rosa respecte également la situation de Johannesburg en 1887, qui est alors une ville naissante après la ruée vers l'or, qui vient de se déclarer un an plus tôt, mais qui n'est pas la ville puissante de nos jours. Elle ressemble à des villes états-uniennes de l'Ouest, tel que Don Rosa le commente lui-même dans l'histoire.

CensureModifier

On peut observer que la sixième planche de l'histoire fut en partie censurée, le Mickey écrasé par l’éléphant ayant été supprimé de la version américaine.

Publications françaisesModifier

Cette histoire est parue six fois en France, dans :

Galerie d'imagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le Witwatersrand est une véritable chaîne de montagnes en Afrique du Sud, proche de Johannesburg, et qui a surtout constitué une réserve d'or mondiale importante avant la Première Guerre mondiale. Voir la page de Wikipédia dédiée.
  2. Dans certaines traductions, le mot « doubler » remplace « tromper ».
  3. Le nom de ce « magasin général » n'est traduit dans aucune des publications françaises, dont on ne voit pas le nom complet
Précédée par La Terreur du Transvaal Suivie par
Le Nouveau Maître du château McPicsou

Jeunesse Picsou 05
Histoire longue de Don Rosa

1re parution : mai 1993
Le Rêveur du Never Never

Uncle $crooge n°291
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