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Le Petit Malin de la percée de Culebra - Bandeau

Le Petit Malin de la percée de la Culebra (The Sharpie of the Culebra Cut), également parue sous le titre La Harpie de la percée de Culebra, est une histoire en bandes dessinées de Keno Don Rosa. Elle met en scène Balthazar Picsou et ses sœurs, ainsi que le président Théodore Roosevelt et sa femme. Elle se déroule principalement au Panama au moment où est creusé le canal par des entreprises des États-Unis.

Elle est considérée comme l'épisode dix bis de La Jeunesse de Picsou.

SynopsisModifier

Riri, Fifi et Loulou Duck profitent que leur grand-oncle a de nouveau ouvert le coffre contenant ses souvenirs. Ils y découvrent un objet très étonnant... dont l'histoire de l'acquisition par Picsou leur est contée par celui-ci.

En novembre 1906, le président des États-Unis, Théodore Roosevelt visite le chantier du canal de Panama. Il apprend que Balthazar Picsou est présent et creuse une montagne pour trouver de l'or, juste sur le tracé du canal. Or, Roosevelt craignant que tout incident ne serve d'excuse à l'ambitieux général Esteban pour mener un coup d'État, il décide donc de négocier avec Picsou et de l'aider à creuser et tombe sur une étrange caverne...

Résumé completModifier

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Attention. Le texte qui suit dévoile certains moments-clés de l’intrigue du récit.

Balthazar Picsou a une fois de plus déterré sa vieille malle à souvenirs, ce qui intrigue les neveux de Donald. Les trois petits canards fouillent un peu et trouvent un sac contenant un objet qui les surprend. Picsou se rappelle immédiatement de l'histoire de cet objet et décide de la raconter.

Elle se déroule en novembre 1906 dans un pays fraîchement créé : le Panama. Picsou s'occupe alors de commercer avec les Indiens Guyami, dont il a besoin pour creuser sa montagne et chercher l'or qu'elle contient. Mais son sens des affaires assez particulier (il propose aux Indiens quelques perles de pacotille) ne lui permet pas de les faire accepter et il doit se résigner à travailler seul. Ou plutôt avec ses deux sœurs – Hortense et Matilda – qui l'accompagnent, mais qui trouvent leur frère de plus en plus cupide. Ils se mettent donc au travail et commencent à creuser. Mais près de leur petit chantier se trouve une autre entreprise d'excavation, la plus grosse du monde : le canal de Panama, dont le commanditaire n'est autre que Théodore Roosevelt, le président des États-Unis. Ce dernier est d'ailleurs en train d'observer l'avancée des travaux, aux côtés du général Esteban aux ordres du président Panaméen Amador Guerrero. Mais Roosevelt se méfie d'Esteban, qui semble être à l'affût du moindre incident pour s'emparer du Panama et en faire une dictature. Le président américain doit d'ailleurs faire face à un autre problème : un homme d'affaires affirme posséder une montagne située sur le tracé du canal. Roosevelt s'y rend pour résoudre l'affaire et se rend compte que l'homme d'affaires en question n'est autre que Balthazar Picsou, qu'il connaît bien. Ce dernier lui explique qu'il a acheté sa montagne à un Français du nom de Philippe Bunau-Varilla, et qu'il compte creuser toute la « Montagne d'or », surnommée ainsi par les Français qui possédaient les terrains avant de les vendre aux Américains.

Canal de Panama

Théodore Roosevelt et son équipe devant le chantier du canal de Panama.

Roosevelt et Picsou tentent donc de trouver un accord dans un wagon du train présidentiel, pendant qu'Hortense tente de séduire la garde rapprochée du président. Picsou refuse catégoriquement de vendre le terrain avant d'avoir fini de creuser, et Roosevelt lui propose alors de l'aider dans ses travaux pour aller plus vite. Les deux concluent donc le Traité secret Picsou-Roosevelt. À la nuit tombée, Picsou et ses deux sœurs rejoignent Roosevelt près du local où est entreposé le matériel des travaux, mais ce dernier est fermé à clé. Hortense et Matilda ont alors une idée : la deuxième monte sur les épaules de la première et elles se dissimulent sous une grande cape afin de passer pour une seule et même personne. Elles approchent un garde en patrouille en vue de le séduire et de récupérer les clés. Celui-ci se laisse tromper mais fait un faux pas qui énerve Hortense (cachée sous la cape) et elle lui administre un coup de poing. Les deux sœurs prennent la fuite et le garde veut les poursuivre, mais il se fait immobiliser par deux hommes du service secret de Roosevelt. Picsou et Roosevelt ont donc la voie libre et prennent la direction de la Montagne d'or à bord d'une pelleteuse du chantier. Mais ils ne sont pas très discrets et se font remarquer par le général Esteban qui décide de les suivre en cachette.

Picsou derrière Roosevelt

Picsou, caché derrière Roosevelt, parle à sa place.

Roosevelt va donc à la rencontre de Parita, chef des Indiens Guyami, qui accepte de discuter avec lui. Mais il lui fait d'abord boire de la chicha, une boisson locale somnifère qui endort le président. Picsou s'en rend compte et se glisse derrière lui pour faire croire qu'il est encore éveillé en parlant à sa place. Le chef Parita n'y voit que du feu et donne l'emplacement de l'or à Roosevelt (et ainsi à Picsou). Ils peuvent donc se mettre à creuser avec la pelleteuse, mais le général Esteban est arrivé entre temps et annonce qu'il prend le contrôle du Panama dont il devient le dictateur. Au moment où il court chercher son armée, Picsou et Roosevelt parviennent à se débarrasser des quelques soldats qui les empêchaient de continuer. Parallèlement, Hortense et Matilda discutent avec la femme de Roosevelt dans le wagon présidentiel. Celle-ci leur montre un ours en peluche qu'un confiseur de Brooklyn a envoyé à son mari, et qui l'a appellé « Teddy Bear » en son hommage.

Pelleteuse Montagne d'or
Trésor - Le Petit Malin de la percée de Culebra

Roosevelt et Picsou découvrant le trésor du temple Jaguar.

Pendant ce temps, Picsou et Roosevelt creusent la Montagne d'or avec la pelleteuse mais ils ne trouvent aucun filon. Mais alors qu'ils sont en train de se reposer et de discuter, ils sont surpris par ce qui ressemble à un glissement de terrain. En quelques secondes la montagne se dégage, et apparaît alors un temple antique en forme d'un gigantesque jaguar de pierre et d'or. A l'intérieur, Picsou découvre des dizaines et des dizaines de trésors : des sculptures en or massif, des pierres précieuses, des masques, des joyaux... Mais alors que Roosevelt veut garder ce qui a été découvert pour sa valeur historique et culturelle, Picsou n'a nullement l'intention de perdre son trésor, même s'il représente l'héritage de dizaines de cultures antiques. Les deux se lancent alors dans une bataille, pendant que la montagne subit un autre glissement de terrain. Roosevelt finit par se rendre, et Picsou lui propose finalement de lui vendre la Montagne d'or pour un prix qu'il fixera à l'aube. Dehors, les troupes du général Esteban et celles du président Roosevelt se font face, toutes deux prêtes à se tirer dessus. Mais soudain, le temple en forme de jaguar géant dévale la montagne et les soldats panaméens d'Esteban fuient, de peur se faire punir par ce qu'ils prennent pour le Dieu Jaguar.

Picsou et Roosevelt décident finalement de cacher le temple (et les trésors qu'il contient) pour éviter qu'un pays puisse le réclamer. Non loin de là, le général Esteban découvre l'intérieur du temple et décide de se l'approprier pour financer sa révolution et devenir dictateur. Mais alors qu'il piège Picsou et s'apprête à le faire disparaître, le chef Parita l'assomme par derrière grâce à une ruse de Picsou. Parita envoie Esteban en Colombie où il se fera sûrement mettre en prison. L'aube arrive et Roosevelt doit conclure l'accord avec Picsou sur le prix de la vente du temple Jaguar. Mais avant de se décider, Picsou décide de porter un toast et boit un verre d'une boisson que quelqu'un vient d'apporter. C'est en réalité de la chicha offerte par le chef Parita au président. Picsou s'évanouit donc avant que Roosevelt ne puisse l'empêcher de boire. Ce dernier est alors contraint de demander à Hortense et Matilda le prix de l'accord car il doit être vite conclu. Les deux sœurs réfléchissent et désignent le petit ours en peluche du président.

Journal - Le Petit Malin de la percée de Culebra

La dernière case de l'image.

Alors que Picsou vient de finir de raconter son histoire, Donald explose de rire en apprenant que c'est sa mère Hortense qui lui a fait réaliser la pire affaire de sa vie. Mais au même moment, un des trois petits neveux s'approche de Picsou et lui fait comprendre qu'il possède le tout premier ours en peluche de tous les temps et qu'il a appartenu au président Roosevelt. L'histoire se conclut sur la une d'un journal titrant : « Un magnat refuse une offre de 10 millions de dollars pour le jouet le plus précieux du monde ».

En coulissesModifier

Cette histoire dans l’œuvre de Don RosaModifier

Cette histoire est considérée comme le chapitre 10 bis de La Jeunesse de Picsou, qui se déroule en 1906 donc entre le chaptire 10 (qui se déroule en 1902) et le chapitre 11 qui couvre plusieurs années (de 1909 à 1930).

Don Rosa avait déjà fait rencontrer Picsou et Théodore Roosevelt dans le territoire du Dakota en 1882, dans le chapitre 3 de la Jeunesse de Picsou, Le Cow-boy des Badlands, et de nouveau à Donaldville dans le chapitre 10 de la Jeunesse de Picsou, L'Envahisseur de Fort Donaldville.

Don Rosa va donc choisir de réunir à nouveau les deux personnages. Il apprécie beaucoup le personnage de Roosevelt, qui lui fait beaucoup penser à Picsou. Ils sont tous les deux des self-made man, qui sont scrupuleusement honnêtes et justes, mais aussi qui sont des individualistes endurcis qui croient en la valeur du travail et qui sont amoureux des grands espaces et des étendues sauvages. Pour préparer cette histoire, Don Rosa a lu de nombreux écrits de Roosevelt et il y a souvent vu des phrases qu'aurait pu dire Picsou.

Dans cette histoire, Don Rosa fait tenir ce discours à Picsou : « L'attrait des lieux silencieux, des larges lunes d'argent et la splendeur des étoiles... Là où le voyageur voit la gloire des levers et des couchers de soleil, dans des endroits sauvages ignorés par l'homme et que seul le passage du temps éternel change ! » Roosevelt, le trouvant bien, demanda à Picsou s'il pouvait reprendre sa phrase dans un de ses livres. La phrase prononcée par Picsou et bien sûr un discours que Don Rosa a paraphrasé d'un livre de Roosevelt.

L'idée de départ de Don Rosa était de réunir Théodore Roosevelt et Picsou, durant la célèbre expédition de Roosevelt en Afrique en 1909, quand il a rassemblé des informations et des spécimens pour la Smithsonian Institution. De plus, Don Rosa a envoyé Picsou et ses sœurs en Afrique en 1909. Mais le timing de la tournée de Picsou et celle de Roosevelt ne se recoupait pas. Or, Don Rosa fait très attention à ne pas changer des faits déjà établis dans ses autres histoires (surtout parce qu'il sait que ses lecteurs ont l’œil mais aussi parce qu'il aime la difficulté qu'il y a à rester cohérent). En plus, pour enfoncer le clou, ce safari de 1909 a eu lieu après le départ de Théodore Roosevelt du pouvoir et donc l'intérêt qu'il aurait encore été le président d'une grande puissance aurait été perdu.

Ainsi, Don Rosa a pensé à l'autre grand voyage de Roosevelt, le premier voyage d'un président des États-Unis en exercice effectué en dehors de ses frontières. Voyagé réalisé en 1906, au Panama, où il était allé inspecter les travaux de creusement du canal de Panama (repris après l'abandon des Français). Don Rosa a trouvé des références sur le fait que les Français avaient entendu des légendes selon lesquelles de l'or avait été découverts dans une montagne appelée « la colline d'Or », sur le tracé du canal et qu'ils avaient espérer y trouver assez d'or, en rasant cette montagne, pour payer les travaux du canal. Les Français ayant dû abandonner suite à différents obstacles, et donc Don Rosa tenait sa raison de la présence de Picsou au Panama. Il avait acheté en secret les droits de cette montagne à Philippe Bunau-Varilla. C'est ainsi que Picsou et Roosevelt ont pu encore se rencontrer dans une autre relation, celle d'amis-ennemis. Et puis, avec son imagination débordante, Don Rosa a réussi à imaginer un trésor qu'ils auraient pu découvrir.

Lors de la première parution de cette histoire, en France, le traducteur a totalement changé la fin que Don Rosa avait établie. Dans la version française, Picsou vend le teddy bear à deux millions de dollars, contrairement à la version américaine où Picsou a décliné l'offre de dix millions de dollars. Ainsi, Don Rosa a rétabli la véritable version (la véritable version était la version américaine) a été rétablie dans le deuxième tome de La Grande épopée de Picsou.

Lors de la première traduction, le titre de l'histoire était La Harpie de la percée de Culebra (le titre anglais était The Sharpie of the Culebra Cut), le traducteur a traduit le mot « Sharpie » par Harpie alors que ce mot « Sharpie » signifie en réalité le pointu, le malin, l'astucieux. Les Harpies étaient des monstres fabuleux, qu'on représentait le plus souvent avec des ailes, un visage de femmes, un corps de vautour et des ongles crochus. Ces créatures fabuleuses ont d'ailleurs été utilisées dans l'histoire À la recherche de la Toison d'or de Carl Barks. Ainsi, une traduction plus réaliste a été rétablie dans le deuxième tome de La Grande épopée de Picsou.

Références à Carl BarksModifier

Dans la chambre au trésor, Don Rosa fait référence à des histoires de Carl Barks en cachant dans les reliques des trésors que Picsou a trouvés chez Barks. Nous pouvons prendre comme exemple que Don Rosa a cachés dans la chambre : la couronne des Mayas de l'histoire La couronne des Mayas, mais aussi la coiffe de l'homme doré de l'histoire Les timbrés du timbre. Il cache même des références à ses propres histoires comme en cachant dans les reliques, le disque solaire de sa propre histoire, Le Fils du soleil.

Références historiques et culturellesModifier

Don Rosa mentionne ou utilise comme personnages de nombreux personnages réels dans cette histoire. Pour commencer, le Français Philippe Bunau-Varilla qui aurait vendu les droits sur la montagne à Balthazar Picsou est mentionné dans cette histoire et c'est un personnage qui a réellement existé en tant qu'ingénieur du canal.

John Frank Stevens, qui apparaît également dans cette histoire, était bien l'ingénieur en chef du projet du canal. Le capitaine George Shanton, qui apparaît dans l'histoire, est aussi réellement le soldat issu de l'ancienne brigade des Rough Riders de Roosevelt. Le Président a effectivement fait des Riders la police de la zone du canal. Le chef Parita est, lui, bien le dirigeant des Indiens Guyami de cette région. Don Rosa a d'ailleurs confirmé que ce chef indien buvait réellement de la chiche et installait des pièges pour les étrangers qui approchaient leurs villages.

Enfin, Amador Guerrero a vraiment été le premier président du Panama. Don Rosa avait aussi besoin d'un général panaméen félon, il s'est donc servi du véritable général Esteban Huertas, l'homme qui mena la rébellion avec ses troupes et qui permit au Panama de fonder une république indépendante) pour créer le personnage du général Esteban. Cependant, le général Huertas était considéré comme un héros, il lui a donc seulement emprunté son apparence et son uniforme sans citer son nom de famille pour en faire un antagoniste de Picsou, beaucoup plus cruel que le Héros de l'histoire panaméenne.

En plus de tous ces personnages, d'autres nombreux faits cités par Don Rosa sont authentiques : la paye des ouvriers était bien de 30 cents de l'heure (ce qui à l'époque était un excellent salaire), Théodore Roosevelt a bien été le premier président des États-Unis à utiliser les services secrets comme gardes du corps personnels. Il lui arrivait aussi de rôder la nuit vêtu d'une longue cape noire, lorsqu'il était commissaire de police de la ville de New York dix ans plutôt. Les informations que Don Rosa donne sur « l'objet secret » dans le coffre de Picsou (le tout premier nounours qui a appartenu a Roosevelt) sont aussi rigoureusement authentiques. Il y a bien aussi eu lieu pour la première fois une démonstration de lutte aux Jeux Olympiques de Saint-Louis en 1904.

Néanmoins, Don Rosa a légèrement modifié un détail historique : le canal de Panama a bien été creusé par des pelleteuses mécaniques Bucyrus gigantesques et le président Roosevelt a bien appris à en manoeuvrer une durant sa visite au Panama. Ces pelleteuses se déplaçaient cependant sur des rails ; Don Rosa avait besoin que la pelleteuse soit équipée de chenillettes. Ce système n'a été inventé que dix ans plus tard. À la remarque, Don Rosa rétorqua : « Alors... peut-être qu'on a testé un prototype à chenillettes à Panama en 1906 ? Prouvez moi le contraire ! Ah ! »

Publications françaises Modifier

Cette histoire a été publiée 5 fois en France, dans :

Galerie d'imagesModifier

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Le Retour des Trois Caballeros

Walt Disney's Comics and Stories n°635
Histoire de La Jeunesse de Picsou

1re parution : février 2001
Les Rapetou contre le coffre-fort

Aku Ankka n°2001-26
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