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Un sou pas fétiche est une histoire en bande dessinée de dix planches scénarisée et dessinée par Carl Barks. Elle fut publiée pour la première fois en mai 1952 dans Walt Disney's Comics and Stories n°140, aux États-Unis. Elle met en scène Donald Duck, Gontran Bonheur, Riri, Fifi et Loulou Duck, Balthazar Picsou et Géo Trouvetou dont c'est la première apparition ; l'histoire se déroule à Donaldville.


Synopsis[modifier | modifier le wikicode]

Alors qu'ils observaient leur cousin Gontran, voulant savoir si sa chance était réellement infaillible comme il le prétendait, Donald et ses neveux virent à nouveau qu'il pouvait obtenir tout ce qu'il voulait gratuitement, sans faire aucun effort. Ils essayèrent alors, avec leur oncle Picsou - désespéré à cause de bénéfices amoindris -, de découvrir le secret de cette chance inéluctable.

Résumé complet[modifier | modifier le wikicode]

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Attention. Le texte qui suit dévoile certains moments-clés de l’intrigue du récit.

Gontran sortant faire ses courses, son panier à la main, sous les yeux discrets de ses cousins.

Depuis longtemps, Donald Duck et ses neveux se demandaient pourquoi leur cousin Gontran Bonheur avait autant de chance ; ainsi, ils décidèrent de le suivre pour essayer de connaître son secret. Ils l'attendirent discrètement devant sa maison. Il sortit alors muni de son panier, parti faire ses courses. Alors qu'il chantonnait, Gontran ne remarqua pas qu'il avait perdu sa liste de courses, tombée de son panier, que ramassa immédiatement l'un des neveux de Donald. Le canard la saisit, et vit tout ce que Gontran voulait acheter - la rumeur disait qu'il obtenait tout gratuitement, le jars ne travaillant jamais : une douzaine d'œufs, un pain, une épaule d'agneau, une tarte aux pommes, un litre de lait et un bâton sauteur. Donald ne pouvait croire qu'il pût obtenir tout cela pour rien, et persista à le suivre. Il vit alors Gontran croisant une poule caquetant, signe qu'elle avait pondu : en effet, il découvrit caché dans un buisson un nid, où se trouvaient douze œufs frais. Son cousin était énervé, se disant que ce n'était qu'un coup de chance et qu'il ne pourrait trouver la suite de sa liste sur son chemin. Gontran entendit alors une dispute conjugale à l'intérieur d'une maison ; la femme s'énervant du retard de son mari pour le déjeuner, elle se dit qu'elle n'avait plus qu'à tout jeter par la fenêtre : Gontran put ainsi récupérer un pain chaud et une épaule d'agneau avec la sauce et les patates ; une tarte fut aussi lancée... mais il ne parvint pas à l'attraper.

Donald se prenant en pleine face la tarte aux mûres que Gontran avait laissée filer.

Ce fut Donald qui se prit cette tarte en pleine face, et alors que l'un des enfants se demandait pourquoi Gontran l'avait laissée filer, son oncle lui rétorqua qu'il s'agissait d'une tarte aux mûres, et que Gontran en voulait une aux pommes. Le jars n'eut d'ailleurs à attendre que quelques secondes pour qu'une tarte aux pommes passât par la fenêtre. Ainsi, il put continuer son chemin en chantonnant, ayant presque réussi à obtenir la totalité de sa liste de courses - et cela gratuitement. Néanmoins, Donald se dit qu'il lui restait à trouver un litre de lait et un bâton sauteur. De son côté, Gontran était persuadé d'avoir oublié une chose, mais ayant perdu sa liste, il ne pouvait retrouver ce dont il s'agissait. Soudain, Donald et ses neveux virent quelqu'un arriver en bâton sauteur : Gontran reconnut Géo Trouvetou, l'inventeur, et celui-ci lui expliqua qu'il croyait avoir inventé une nouvelle façon de battre du beurre, en sautant sur son bâton muni d'un sac contenant une bouteille de lait, mais après une heure de saut, le lait restait toujours du lait. Énervé, l'inventeur partit en laissant la bouteille de lait et le bâton sauteur à Gontran, déclarant vouloir désormais s'atteler à inventer du pop-corn beurré sans beurre. Donald et ses neveux étaient désespérés, ne comprenant pas pourquoi il existait des gens comme Gontran, aussi chanceux ; soudain, Donald eut une idée : demander à son cousin quelque chose qu'il ne pourrait obtenir.

Picsou voyant Gontran entrer dans son bureau, poussé par Donald, et se décidant à lui donner un sac d'argent.

Il alla le voir, et lui proposa ce défi, qui ne requerrait aucun travail, ce qui rassura Gontran, et qui mettrait à l'épreuve sa chance, ce qui lui fit susciter un certain intérêt : Donald lui proposa d'obtenir de l'argent de l'oncle Picsou. Gontran essaya d'éviter cette épreuve perdue d'avance, prétendant être occupé, mais Donald le poussa voir son oncle pour découvrir s'il y avait quelque chose que sa chance ne pouvait lui faire obtenir. Pendant ce temps, pleurnichant dans son bureau, Picsou n'avait pas le moral : en effet, le milliardaire se plaignait que ses revenus fussent descendus à seulement dix milliards de l'heure, et se dit qu'il n'avait jamais pu être aussi malchanceux. Il regarda si quelque chose pouvait l'aider dans un livre de divination, et vit une phrase qui le fit réfléchir : « Pour écarter la malchance, faites quelque chose que vous n'avez jamais fait. » Il réfléchit alors à ce qu'il n'avait jamais pu faire, et se dit alors qu'il n'avait jamais donné de l'argent : voyant alors Gontran rentrer dans son bureau, poussé par Donald, il lui tendit un sac d'argent, déclarant avoir décidé de donner ce sac d'argent au premier qui entrerait. Tous s'évanouirent alors, surpris de cette réaction du milliardaire.

Donald pointant le mystérieux coffre-fort de Gontran.

Donald et ses neveux étaient désormais convaincus : la chance de Gontran n'avait aucune limite. Alors qu'ils se demandaient d'où pouvait provenir cette chance, un des neveux pensa qu'il avait un gri-gri, quelque chose de bien plus puissant qu'un fer à cheval. Donald proposa alors d'aller fouiller chez son cousin. Peu après, sous les yeux de Gontran, tous cherchaient dans tous les recoins un possible gri-gri. Soudain, Donald aperçut un coffre-fort, et demanda à son cousin ce qu'il contenait : celui-ci refusa de lui répondre, déclarant que cela ne le regardait pas. Donald était surpris de voir que l'argent de Gontran n'était pas dans le coffre, mais à côté, si bien que le coffre devait contenir quelque chose de beaucoup plus précieux. Le canard toqua le coffre, et se dit qu'il avait l'air vide ; voulant l'ouvrir pour vérifier, Gontran l'en empêcha, objectant que personne ne pouvait regarder ce qu'il y avait à l'intérieur, ni même lui... Il renvoya Donald et ses neveux de chez lui ; ceux-ci devinèrent alors que ce coffre contenait le prote-bonheur qu'ils recherchaient. Ils croisèrent alors l'oncle Picsou, toujours l'air abattu ; celui-ci déclara qu'il n'avait pas de chance ces temps-ci, et malgré son don à Gontran, rien ne s'était amélioré. Quand Donald parla du porte-bonheur de Gontran, son oncle retrouva le sourire. Donald ne sachant pas comment ouvrir le coffre, Picsou lui proposa son expertise, et lui dit d'attendre que Gontran sorte de chez lui pour entrer et ouvrir son coffre.

Ce soir-là, Gontran alla au cinéma ; pendant ce temps, Picsou et ses neveux entrèrent chez le jars et le milliardaire réussit facilement à ouvrir le coffre, ayant repéré la combinaison. Cependant, Gontran quitta le cinéma, qualifiant le film qu'il regardait de « navet ». Alors que les canards, ayant ouvert le coffre, n'y virent par surprise qu'une simple pièce d'un dime (dix cents), Gontran les surprit et leur demanda des explications ; mais Donald lui rétorqua que c'était lui qui leur devait des explications quant à ce sou. Il ne comprenait pas comment un simple sou pouvait être son porte-bonheur, mais Gontran lui dit que ce n'en était pas un, mais refusa de donner plus d'explications. Donald se jeta alors sur lui, déclarant en avoir assez de ses « cachotteries » : son cousin décida alors d'avouer ; il y a longtemps, dans un moment de faiblesse, il avait travaillé. Tous furent alors surpris. Gontran avait donc gagné ce sou ; il en eut tellement honte qu'il cacha la pièce dans le coffre et qu'il ne put plus jamais la regarder. Finalement, après être partis, Donald demanda si quelqu'un avait un commentaire à faire, ce à quoi Picsou rétorqua qu'il n'y avait « rien que l'on pourrait écrire dans les journaux ! »

Le canards définitivement déçus par l'explication de Gontran.

En coulisses[modifier | modifier le wikicode]

Première apparition de Géo Trouvetou[modifier | modifier le wikicode]

Cette partie contient du texte paru dans « La Dynastie Donald Duck » (© Éditions Glénat)

Cette délicieuse histoire n'est pas seulement importante parce qu'à la fin le cousin Gontran Bonheur révèle son plus terrible secret. Elle voit aussi, à la quatrième planche, la toute première apparition de l'inventeur Gyro Gearloose (Géo Trouvetou en version française), ici particulièrement maigrichon, qui deviendra rapidement l'un des personnages-clés de Donaldville. Son apparition, quoique brève et furtive dans cette histoire (étalée sur cinq cases seulement), présente deux des tous premiers essais d'inventions de Géo. Il croyait inventer une nouvelle façon de battre le beurre en se promenant dans la ville avec une bouteille de lait et un bâton sauteur, mais l'expérience s'avérera être un échec. « Je te donne le lait et le bâton sauteur ! Je rentre chez moi inventer le pop-corn beurré sans beurre ! » dit t-il à Gontran.

Couverture de Anders And & Co. n°2012-17 illustrant l'histoire et réalisée par Arild Midthun.

Son nom d'origine pourrait se traduire littéralement par « Gyroscope engrenage desserré ». Le traducteur français anonyme a joué sur l'ascendance entre « Gyro » et le prénom « Géo ». Pour l'aspect initial de Géo, Barks semble se référer au storyboard du court-métrage d'animation inédit Interior Decorators (octobre 1937), où il avait conçu plusieurs versions du cousin Gus, dont l'une ressemble fort au futur Géo.

L'inventeur de Donaldville fera d'autres apparitions plus travaillées chez Barks dans les mois suivants, notamment dans La boîte à Géo et Lutin boiteux.

Aux États-Unis, à l'occasion de la réédition de l'histoire dans Walt Disney's Comics and Stories n°585 en 1993, William Van Horn réalise, d'après un croquis de Bob Foster, une couverture qui résume la rencontre de ces deux personnages importants crées par Barks : Géo et Gontran. Cette histoire a également inspiré une couverture d'Arild Midthun pour le magazine danois Anders And & Co. n°2012-17, daté du 26 avril 2012 (voir ci-contre).

Publications françaises[modifier | modifier le wikicode]

Cette histoire a été publiée six fois en France, dans :

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Histoire courte de Carl Barks

1re parution : mai 1952
La boîte à Géo

The Carl Barks Library of Walt Disney's Comics and Stories in Color n°21.jpg
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